Garanties décryptées
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L'assurance multirisque professionnelle réunit dans un seul contrat les dommages aux locaux, au matériel et au stock, la responsabilité civile d'exploitation et, si elle est souscrite, la perte d'exploitation. Aucune loi ne l'impose de façon générale, mais un bail commercial peut l'exiger, et la copropriété impose une assurance de responsabilité civile. Deux lignes décident de ce qui sera versé : la période d'indemnisation de la perte d'exploitation, et les valeurs déclarées. Une sous-déclaration peut réduire l'indemnité même sur un sinistre partiel, sauf si le contrat en dispose autrement.
Gratuit · 2 minutes · sans engagement · mis à jour le 02 août 2026

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Le contrat assemble des garanties que l'entreprise pourrait acheter séparément. Côté biens : le local si l'entreprise en est propriétaire, les aménagements et embellissements qu'elle a payés, le matériel, le stock, parfois les marchandises que des clients lui ont confiées. Un bien absent de la liste, ou déclaré sous sa valeur, ne sera pas indemnisé comme on l'imagine.
Côté événements : incendie, dégât des eaux, tempête, vol, et selon la formule bris de machine ou dommages électriques. La garantie des catastrophes naturelles s'ajoute de droit, puisque le code des assurances l'attache à tout contrat couvrant des dommages à des biens situés en France (article L125-1). Depuis le 1er janvier 2025, la surprime correspondante est fixée à 20 % des primes pour les biens autres que les véhicules, contre 12 % auparavant (article A125-2).
Côté responsabilité : la responsabilité civile d'exploitation répond des dommages causés à des tiers dans le cadre matériel de l'activité. Un client glisse sur un sol mouillé dans la boutique ; une livraison abîme la façade du voisin. Elle ne couvre pas la faute commise dans la prestation elle-même, qui relève de la responsabilité civile professionnelle.
Restent les options, qui font l'essentiel des écarts entre deux formules : perte d'exploitation, protection juridique, extension hors des locaux. Le matériel nomade n'est couvert que si une garantie hors des locaux existe, avec ses propres plafonds. Un ordinateur volé au domicile d'un salarié n'entre pas dans la garantie du local.
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La perte d'exploitation paie la marge perdue et les frais fixes qui continuent de courir pendant l'arrêt : loyer, salaires, remboursements d'emprunt. Elle le fait pendant une durée fixée au contrat, la période d'indemnisation. Un incendie coûte deux fois, les biens détruits puis l'activité arrêtée, et la seconde perte échappe entièrement à l'assurance des biens.
La période se calcule plutôt qu'elle ne se choisit. Partez de l'équipement le plus long à remplacer : un four fabriqué sur mesure, une machine importée, un local à réaménager après autorisation de travaux. Ajoutez le temps de reconquérir la clientèle. La durée retenue doit couvrir ce délai réel, pas une valeur proposée par défaut au devis.
La base d'indemnisation compte aussi : marge brute ou chiffre d'affaires, selon le contrat. Une question se pose ensuite par écrit. La perte d'exploitation est-elle subordonnée à un dommage matériel garanti ? Si oui, un arrêt causé par une panne informatique ou une cyberattaque, sans incendie ni dégât des eaux, reste hors de la garantie : c'est le terrain d'un contrat cyber.
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Aucun montant n'est affiché ici : nous ne publions que des chiffres sourcés, et il n'existe pas de prime moyenne publiée pour chaque produit et chaque profil. Ce tableau situe seulement les niveaux de garanties les uns par rapport aux autres. Ce qui fixe réellement votre cotisation, c'est votre profil, le niveau de formule retenu, le montant des franchises et le mode de fractionnement.
| Profil | Niveau de garanties | Niveau de cotisation |
|---|---|---|
| Économique | Formule d'entrée, franchises plus élevées | € |
| Équilibré | Bon rapport garanties / prix | €€ |
| Protection maximale | Garanties étendues, franchises réduites | €€€ |
Mutuelle née de l'assurance des artisans et des commerçants, la MAAF s'est ouverte à tous les profils sans lâcher son réseau d'agences. Elle fait partie du groupe Covéa, aux côtés de MMA et de la GMF.
Voir la ficheMutuelle issue des caisses d'assurances agricoles, Groupama fonctionne toujours par caisses régionales qui gardent la main sur leurs tarifs et leur réseau. Le groupe détient aussi Gan, distribué par agents et courtiers.
Voir la ficheAssureur italien fondé à Trieste, Generali travaille en France surtout par courtiers et agents plutôt qu'en direct. Il porte le risque de nombreux contrats d'assurance vie distribués sous d'autres marques.
Voir la ficheAucune loi n'impose la multirisque professionnelle en tant que telle. Plusieurs obligations voisines existent pourtant, et elles se confondent facilement avec elle.
Le bail commercial peut exiger du locataire une assurance et fixer ce que chacun assure : bâtiment, aménagements, responsabilité. Cette obligation est contractuelle. Elle se lit dans la clause d'assurance du bail, et la règle propre au bail d'habitation, issue de la loi du 6 juillet 1989, ne s'y transpose pas.
En copropriété, chaque copropriétaire, occupant ou non, doit s'assurer contre les risques de responsabilité civile dont il répond en cette qualité (loi du 10 juillet 1965, article 9-1). Le professionnel propriétaire de son local dans un immeuble en copropriété y est donc tenu.
Certaines activités imposent enfin une assurance de responsabilité, qui n'est pas la multirisque : la construction, pour les personnes dont la responsabilité décennale peut être engagée (article L241-1 du code des assurances) ; les groupements sportifs, organisateurs et exploitants d'établissements d'activités physiques et sportives (article L321-1 du code du sport) ; les professionnels de santé exerçant à titre libéral et les établissements de santé (article L1142-2 du code de la santé publique). Ces obligations se remplissent avec une responsabilité civile professionnelle ou une décennale.
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Le mot « multirisque » laisse croire à une couverture générale. Plusieurs risques relèvent pourtant d'autres contrats, et leur absence explique une partie des écarts de prix entre deux devis.
La responsabilité civile professionnelle répond des conséquences d'une faute dans la prestation : le logiciel livré qui bloque la facturation d'un client, le conseil erroné, le chantier mal exécuté. La responsabilité civile d'exploitation, elle, vise le client qui chute dans le local. Vérifiez que la seconde figure au contrat ; la première, quand elle existe, fait l'objet d'une garantie distincte.
L'assurance décennale est obligatoire pour les personnes dont la responsabilité peut être engagée sur le fondement des articles 1792 et suivants du code civil, sous réserve des ouvrages que l'article L243-1-1 du code des assurances exclut. Elle relève d'un contrat séparé, que la multirisque d'un artisan du bâtiment ne remplace pas.
Les véhicules de l'entreprise relèvent d'un contrat automobile ou d'une flotte ; les marchandises transportées, d'une assurance transport ou d'une extension dédiée. Côté informatique, une garantie cyber s'impose : si la multirisque propose une extension, comparez son plafond et ses conditions à ceux d'un contrat spécialisé.
Vérifier ces points avant de comparer évite de juger chère une offre qui couvre simplement davantage.
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Quand la valeur des biens au jour du sinistre dépasse la somme garantie, l'article L121-5 du code des assurances considère l'assuré comme resté son propre assureur pour l'excédent : il supporte une part proportionnelle du dommage. L'indemnité est réduite dans le rapport entre la valeur assurée et la valeur réelle.
Le problème surprend parce qu'il joue loin du plafond. Une entreprise déclare son matériel de production pour la moitié de sa valeur réelle. Un incendie partiel détruit une seule machine, bien en dessous du capital assuré. En l'absence de clause contraire, l'indemnité de cette machine est réduite de moitié. La cotisation économisée pendant des années ne compense pas cette perte.
La règle a pourtant une limite : l'article L121-5 s'applique « sauf convention contraire ». C'est donc une clause du contrat qui décide. La bonne question au courtier n'est pas « suis-je bien assuré ? », mais « le contrat écarte-t-il la règle proportionnelle, et à quelles conditions ? ». Certaines rédactions garantissent au premier risque, d'autres prévoient une tolérance sur les capitaux déclarés.
Cette règle de capitaux ne se confond pas avec la réduction de l'article L113-9, qui sanctionne une déclaration inexacte du risque faite de bonne foi, en proportion des primes payées par rapport à celles qui auraient été dues. L'une corrige une valeur, l'autre une prime.
Le mouvement inverse coûte aussi. Déclarer le stock à sa valeur de pointe toute l'année revient à payer une prime sur une valeur rarement présente ; déclarer une moyenne lissée expose à la sous-assurance en pleine saison. Certains contrats prévoient une clause d'ajustement saisonnier pour ce cas précis.
La solution tient dans une habitude annuelle : reprendre l'inventaire du matériel, des aménagements et du stock, factures à l'appui, puis transmettre les valeurs corrigées à l'assureur. Le résultat apparaît le jour du sinistre, quand l'expert compare les valeurs déclarées aux factures.
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Alarme raccordée, extincteurs, rideau métallique, détection incendie : une protection déclarée à la souscription devient un engagement. Inscrite au contrat, elle peut aussi devenir une condition de la garantie vol ou incendie.
La retirer ou la laisser hors service n'a rien d'anodin. Le code des assurances oblige l'assuré à déclarer les circonstances nouvelles qui aggravent le risque ou en créent de nouveaux, et rendent inexactes les réponses données à l'assureur, par lettre recommandée ou envoi recommandé électronique, dans les quinze jours après en avoir eu connaissance (article L113-2, 3°). Même logique pour un changement d'activité ou un nouveau stockage de produits inflammables.
L'assureur peut alors résilier le contrat, avec effet dix jours après la notification, ou proposer une nouvelle prime ; si l'assuré la refuse ou ne répond pas dans les trente jours, le contrat peut être résilié (article L113-4). S'il a continué à encaisser les primes en connaissance de cause, il ne peut plus se prévaloir de l'aggravation.
Le silence se paie selon la bonne foi. Une omission intentionnelle qui change l'objet du risque ou en diminue l'opinion pour l'assureur rend le contrat nul (article L113-8). Constatée après le sinistre, une omission de bonne foi réduit l'indemnité en proportion des primes payées par rapport à celles qui auraient été dues (article L113-9). La lettre à l'assureur coûte moins cher que l'une ou l'autre.
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L'activité vient d'abord, classée selon son exposition au feu, au vol et à la responsabilité : un cabinet de conseil et un atelier de peinture ne partent pas du même point, quel que soit leur chiffre d'affaires. Le local ensuite : surface, construction, voisinage, présence d'un logement ou d'un autre commerce dans l'immeuble. Un voisin qui manipule des produits inflammables pèse sur votre propre tarif.
Viennent les valeurs déclarées, matériel, aménagements, stock, marchandises en dépôt : un poste facile à sous-estimer, parce qu'il additionne des achats étalés sur des années. Puis le chiffre d'affaires, qui sert d'assiette à la perte d'exploitation. Enfin les garanties, plafonds et franchises retenus, les sinistres passés et la prévention. Ces paramètres se cumulent : deux entreprises au chiffre d'affaires identique peuvent payer des cotisations éloignées sans que l'une soit mieux traitée que l'autre.
À l'échéance, un avis plus élevé sans le moindre sinistre peut avoir trois causes, qui n'appellent pas la même réaction. L'indexation, d'abord : si le contrat comporte une clause d'indexation, les conditions générales nomment l'indice retenu, et capitaux et cotisation évoluent ensemble. Elle se vérifie plus qu'elle ne se discute.
La révision tarifaire, ensuite, décidée par l'assureur sur tout un segment, sans hausse de garantie. Elle se discute, notamment en documentant les mesures de prévention prises depuis la dernière échéance. Posez la question en une phrase : quelle part de la hausse vient de l'indice, quelle part de la révision ?
La surprime catastrophes naturelles, enfin, revalorisée au 1er janvier 2025 : 20 % des primes pour les biens autres que les véhicules, contre 12 % auparavant (article A125-2). Elle est fixée par arrêté et ne dépend pas de l'assureur choisi.
Si la hausse ne passe pas, le contrat se résilie à l'échéance annuelle (article L113-12), avec le préavis prévu au contrat, que la loi plafonne à deux mois. La résiliation à tout moment après un an de l'article L113-15-2 vise les contrats des particuliers. Un texte de 2026 (article L113-15-2-1) ouvre une faculté propre à certains contrats professionnels de PME : ses conditions se vérifient avec l'assureur avant de s'en prévaloir.
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La franchise est le premier levier. La relever sur les garanties de faible fréquence fait baisser la cotisation sans toucher au périmètre. Le raisonnement est de trésorerie : quel montant l'entreprise absorbe-t-elle sans emprunter ? Au-delà, la franchise devient un risque déguisé. Relevez-la sur les biens plutôt que sur la perte d'exploitation, qui tombe au moment où la trésorerie est la plus tendue.
La prévention est le deuxième, et elle se négocie mal après coup. Alarme raccordée, extincteurs vérifiés, contrôle périodique de l'installation électrique, détection incendie : demandez à l'assureur lesquels ouvrent une réduction, et faites-les acter au contrat. Ils deviennent alors des engagements à maintenir.
Le regroupement des contrats chez un même assureur peut produire une remise, avec une contrepartie : la négociation se fait en bloc, et le départ aussi.
Deux économies coûtent cher. Supprimer la perte d'exploitation allège la cotisation et laisse l'entreprise sans revenu pendant la remise en état, quand les charges fixes continuent. Raboter les capitaux déclarés pour faire baisser un devis fabrique une sous-assurance, avec l'effet décrit plus haut.
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Un devis de multirisque se compare sur les valeurs, la période d'indemnisation, les franchises, les plafonds et les conditions de garantie. Le montant de la cotisation vient après.
Commencez par le document d'information normalisé sur le produit d'assurance, remis avant la souscription. Tenu sur deux faces A4, trois au maximum (règlement d'exécution UE 2017/1469), il présente ce qui est assuré, ce qui ne l'est pas et les principales limites de couverture. Il permet d'écarter vite une offre qui ne joue pas dans la même catégorie, sans remplacer les conditions générales.
Ensuite, la liste des biens et leur valeur, poste par poste : bâtiment si vous êtes propriétaire, aménagements, matériel, stock, marchandises confiées. Puis la période d'indemnisation de la perte d'exploitation, exprimée en mois, et sa base, marge brute ou chiffre d'affaires.
Les franchises se lisent garantie par garantie : une franchise unique affichée en tête peut masquer des franchises spécifiques sur le vol, le bris de machine ou les événements climatiques. Les plafonds aussi, par sinistre et par année, avec leurs sous-plafonds : marchandises chez un tiers, matériel hors des locaux, dommages électriques, marchandises sous température.
Restent les conditions de garantie : protections exigées, horaires de fermeture, présence dans les locaux, contrôles périodiques. Deux offres au même prix peuvent ne pas tenir la même promesse dès qu'une de ces conditions diffère.
À lire aussi : Document d'information normalisé (IPID) · Conditions générales
Le contrat fixe le délai de déclaration, mais la loi lui interdit de descendre sous cinq jours ouvrés, ou deux jours ouvrés en cas de vol (article L113-2, 4°). Pour une catastrophe naturelle, la déclaration se fait dans les trente jours suivant la publication de l'arrêté au Journal officiel (article L125-2).
Le dépôt de plainte après un vol peut être exigé par le contrat. C'est une condition contractuelle, pas une obligation légale : mieux vaut la connaître avant d'en avoir besoin.
La perte d'exploitation se chiffre sur la comptabilité. Mettez les documents comptables à l'abri, photographiez les dommages et l'état du stock, et demandez un acompte sur la perte d'exploitation dès l'expertise : plus les pièces arrivent vite, plus l'acompte peut être versé tôt.
Un détail décide en pratique du chiffrage de la garantie la plus coûteuse : une copie de la comptabilité conservée hors du local. Le jour où l'incendie emporte le bureau, c'est elle qui permet à l'expert d'établir la marge perdue.
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