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Guides assurance vie

Guides assurance vie

Un contrat d'assurance vie d'épargne se juge sur deux choses qu'on ne regarde pas en premier : les frais prélevés chaque année sur l'encours, et la rédaction de la clause bénéficiaire.

Un contrat se compare presque toujours sur deux chiffres : le rendement du fonds en euros de l'an dernier et les frais sur versement. Notre lecture, et c'est une lecture, pas une démonstration : ces deux chiffres disent peu du résultat à vingt ans, parce que l'un appartient au passé et que l'autre ne se prélève qu'une fois. Ce qui travaille en continu, ce sont les frais de gestion, prélevés chaque année sur la totalité de l'épargne accumulée, et la clause bénéficiaire, qui décide de la destination du capital. Un point de méthode avant d'aller plus loin : cette page oriente vers les guides, elle ne donne aucun conseil en investissement et ne recommande ni support, ni allocation, ni contrat.

Commencez par votre moment, pas par un thème

Personne n'arrive ici avec une question thématique. On arrive avec une échéance : un devis à valider, un contrat à arbitrer, un sinistre en cours, une résiliation à lancer. Ces guides sont donc rangés par moment, pas par grand thème.

Notre position : le rendement occupe toute l'attention, alors que les frais annuels et trois lignes de clause bénéficiaire pèsent sur toute la durée du contrat. C'est notre hiérarchie de lecture, assumée comme telle.

01

Vous ouvrez un contrat

Deux décisions comptent davantage que le nom de l'assureur. La répartition entre fonds en euros et unités de compte d'abord, qui détermine votre exposition au risque de perte en capital : le fonds en euros porte une garantie de l'assureur, les unités de compte n'en portent aucune. La rédaction de la clause bénéficiaire ensuite. Une clause standard peut ne pas convenir à une famille recomposée, parce qu'elle raisonne en catégories, conjoint puis enfants, là où votre situation demande parfois de nommer des personnes ou de répartir des quotités. Relisez-la à voix haute avant de signer.

Lire le guide de l'assurance vie

02

Vous comparez des contrats

Additionnez tous les frais avant de regarder quoi que ce soit d'autre : frais sur versement, frais de gestion annuels, distincts entre le fonds en euros et les unités de compte, frais d'arbitrage, frais d'une éventuelle gestion pilotée. Un point d'arithmétique, sans rendement inventé : un écart de frais s'applique chaque année à un capital qui grossit, tandis qu'un rendement passé ne se reproduit pas par construction. Vérifiez ensuite l'étendue réelle du choix de supports, et les modalités d'arbitrage.

Voir les taux et les contrats suivis

03

Au décès de l'assuré

Le mot sinistre ne convient pas : il s'agit du dénouement du contrat. Au décès de l'assuré, les bénéficiaires désignés doivent être informés, puis fournir les pièces demandées à l'assureur. Un contrat que personne ne réclame peut rester en déshérence, et le dispositif de recherche existe justement pour cela : toute personne qui pense être bénéficiaire peut saisir l'AGIRA, qui interroge les assureurs. Le plus simple reste en amont : que vos bénéficiaires sachent que le contrat existe et chez qui il est ouvert.

Assurance vie et succession

04

Vous voulez retirer ou changer

Un rachat partiel ou total est possible en principe à tout moment, et cette page insiste sur « en principe ». Trois limites existent : les contrats sans valeur de rachat, comme une temporaire décès (article L132-23) ; l'acceptation du bénéficiaire, qui conditionne ensuite les rachats ; et les mesures exceptionnelles de suspension décrites plus bas. Un contrat d'assurance vie ne se résilie pas comme une assurance de dommages : ni la résiliation annuelle de l'article L113-12, ni la loi Chatel, ni l'article L113-16 ne s'y appliquent. On y retire, on y cesse ses versements, on y prend une avance.

La fiscalité du rachat

Les guides assurance vie, et quand les lire

Où l'argent part réellement

Les frais sur versement se prélèvent une fois, à l'entrée, et ils se négocient. Les frais de gestion se prélèvent chaque année sur la totalité de l'épargne accumulée, et ils diffèrent souvent entre le fonds en euros et les unités de compte du même contrat. Cette différence de rythme est tout le sujet. L'un se paie une fois. L'autre se paie sur vingt ans.

S'ajoutent, sur les unités de compte, les frais internes des supports eux-mêmes. Ils n'apparaissent pas sur le relevé annuel, parce qu'ils sont déduits avant le calcul de la performance affichée. Puis, le cas échéant, les frais d'arbitrage et ceux d'une gestion pilotée, qui se cumulent aux précédents sans les remplacer.

L'empilement est cumulatif et il porte sur un capital qui grossit. Un écart annuel qui paraît anodin la première année ne l'est plus à l'échelle d'un contrat. Le document à réclamer tient en une ligne de demande : le tableau complet des frais, tous niveaux confondus, unités de compte incluses. Un distributeur qui le fournit sans détour vous renseigne davantage qu'un rendement passé.

La clause bénéficiaire, trois lignes qui durent

La clause bénéficiaire décide de la destination du capital au décès de l'assuré, et elle survit à tout ce que vous oublierez de mettre à jour. Sa rédaction est libre, dans une limite : les bénéficiaires doivent être identifiables. L'article L132-8 du code des assurances admet expressément une désignation sans nom propre, dès lors que les personnes visées sont suffisamment définies. La clause type « mon conjoint, à défaut mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés, à défaut mes héritiers » fonctionne sur ce principe.

Nommer une personne a l'avantage de la précision et l'inconvénient de la rigidité. Un divorce ne modifie pas mécaniquement une clause qui désigne un ex-conjoint par son nom, et c'est le cas de figure qui produit les situations les plus douloureuses au dénouement. Le mot « conjoint » sans nom, lui, désigne celui qui a cette qualité au jour du décès.

Dernier point, souvent ignoré : l'acceptation. Un bénéficiaire qui accepte le bénéfice du contrat, dans les formes prévues par la loi, restreint ensuite votre liberté de racheter ou de modifier la clause. L'acceptation n'est donc pas une formalité de confort, et elle mérite d'être comprise avant d'être sollicitée ou accordée.

Fiscalité : ce que les huit ans changent, et ce qu'ils laissent

Le cap des huit ans ouvre un abattement annuel sur les produits rachetés : 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune. Cet abattement joue sur l'impôt sur le revenu, et sur lui seul. Les prélèvements sociaux restent dus sur la totalité des produits. C'est la confusion la plus répandue sur ce produit, et elle coûte cher au lecteur qui a calculé son rachat en l'ignorant.

Sur le fonds en euros, les prélèvements sociaux ne sont même pas attendus au rachat : ils sont prélevés au fil de l'eau, chaque année, sur les intérêts inscrits en compte (article L136-7, II, 3° du code de la sécurité sociale). Autrement dit, la phrase « tant que je ne retire rien, rien n'est taxé » est fausse pour un fonds en euros. Elle vaut pour l'impôt sur le revenu, pas pour les prélèvements sociaux.

Le seuil de 150 000 € est l'autre point mal lu. Il s'apprécie sur l'ensemble des primes nettes détenues par l'assuré au 31 décembre de l'année précédente, quelle que soit leur date de versement, et non sur les seules primes postérieures au 27 septembre 2017 (BOFiP BOI-RPPM-RCM-20-15, § 160). Seule l'application du barème de 7,5 % ou de 12,8 % est réservée aux primes versées après cette date.

L'abattement n'est pas le seul levier disponible, contrairement à ce qu'on lit souvent. L'option pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu (article 200 A, 2 du code général des impôts), le choix du compartiment de primes racheté, l'avance plutôt que le rachat, et les cas d'exonération de l'article 125-0 A, I quinquies du même code en sont d'autres. Côté transmission, l'assiette de l'article 757 B est constituée des primes versées après soixante-dix ans, pas du capital transmis.

Rachat, avance, suspension : ce que la loi permet et ses limites

Le rachat, partiel ou total, est la voie ordinaire de sortie. L'avance en est une autre, moins connue : l'assureur consent une somme remboursable, sans désinvestir le contrat ni interrompre son antériorité fiscale, moyennant un intérêt. Certains contrats, enfin, n'ont aucune valeur de rachat : une temporaire décès relève de l'article L132-23, qui écarte la réduction comme le rachat.

Restent les mesures exceptionnelles, qu'il faut décrire sans dramatiser. Le Haut Conseil de stabilité financière peut, sur proposition du gouverneur de la Banque de France, suspendre ou limiter temporairement les rachats pour tout le marché, pour trois mois au plus, renouvelables dans la limite de six mois consécutifs (article L631-2-1, 5° ter du code monétaire et financier). La mesure existe depuis 2016 et n'a jamais été activée.

Une seconde mesure, individuelle celle-là, est plus rarement mentionnée. L'ACPR peut ordonner à un organisme d'assurance de suspendre, retarder ou limiter le paiement des valeurs de rachat, la faculté d'arbitrage, le versement d'avances ou la faculté de renonciation, lorsque sa solvabilité, sa liquidité ou les intérêts des assurés sont compromis ou susceptibles de l'être (article L612-33, 7° du code monétaire et financier). La distinction a une conséquence pratique : répartir son épargne entre plusieurs assureurs ne protège pas d'une mesure systémique, mais change la donne face à une mesure visant un seul organisme.

Le vieux contrat qu'il ne faut pas fermer

L'ancienneté fiscale d'un contrat se compte à partir de son ouverture, pas à partir des versements. Un contrat ouvert il y a douze ans et laissé presque vide conserve donc une antériorité qui a de la valeur, et qu'une clôture détruit définitivement.

La décision de le garder, de l'alimenter ou de l'arrêter dépend de votre situation fiscale et de votre projet, et elle relève d'un avis personnalisé que cette page ne donne pas. Ce que nous pouvons dire, en revanche : un rachat total se décide après avoir vérifié ce qu'il détruit, pas avant.

Les pièges propres à ce produit

  • Une clause bénéficiaire standard laissée en place après un divorce ou une recomposition familiale.
  • Des frais de gestion sur unités de compte négligés parce qu'ils sont prélevés sans mouvement visible sur le relevé.
  • Une confusion entre capital garanti sur le fonds en euros et capital non garanti sur les unités de compte.
  • Un rachat après huit ans présenté comme exonéré, alors que l'abattement ne porte que sur l'impôt sur le revenu.

Ce que vous ne trouverez pas ici

  • Vous ne trouverez ici aucun conseil en investissement : ni support, ni allocation, ni contrat recommandé. Ce choix relève d'un conseil personnalisé, que cette page ne remplace pas.
  • Aucun rendement moyen n'est présenté comme un repère : une performance passée ne préjuge pas de la suivante, et aucune source publique ne publie de moyenne utilisable comme promesse.
  • Un classement n'apparaît jamais sans ses critères : un contrat bien placé sur une grille peut être mal placé sur votre besoin.
  • Le lexique sert quand un mot du contrat bloque la lecture. Rachat, avance, arbitrage et quotité n'ont pas leur sens courant.

Questions fréquentes sur l'assurance vie

Mon capital est-il garanti ?
Sur le fonds en euros, le capital bénéficie d'une garantie de l'assureur, nette des frais de gestion selon les contrats. Rien de tel sur les unités de compte : la valeur suit celle des supports choisis et peut baisser, l'assureur ne garantissant que le nombre d'unités, pas leur valeur. Un contrat mixte combine les deux régimes, dans la proportion que vous avez retenue et que vous pouvez modifier par arbitrage.
Puis-je récupérer mon argent avant huit ans ?
En principe oui, par rachat partiel ou total, et l'ancienneté du contrat joue sur la fiscalité des gains rachetés plutôt que sur la disponibilité. Trois réserves, tout de même. Certains contrats n'ont pas de valeur de rachat, une temporaire décès par exemple (article L132-23 du code des assurances). L'acceptation du bénéficiaire, une fois intervenue, conditionne les rachats. Et des mesures exceptionnelles de suspension existent, décrites dans la question sur le blocage de l'épargne.
Faut-il fermer un vieux contrat peu performant ?
Pas sans y réfléchir : l'ancienneté fiscale se compte à partir de l'ouverture du contrat, pas à partir des versements, et une clôture la détruit définitivement. La vraie question n'est donc pas de fermer, mais de savoir s'il faut cesser d'y verser tout en le gardant ouvert avec un solde résiduel, pendant qu'un contrat plus récent reçoit les versements.
Les prélèvements sociaux sont-ils dus après huit ans ?
Oui. L'abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune, ne joue que sur l'impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux restent dus sur la totalité des produits rachetés. Sur le fonds en euros, ils sont même prélevés au fil de l'eau, chaque année, sur les intérêts inscrits en compte, sans attendre le moindre retrait (article L136-7, II, 3° du code de la sécurité sociale). Écrire qu'un rachat après huit ans est exonéré est donc faux.
Peut-on désigner un bénéficiaire sans le nommer ?
Oui. L'article L132-8 du code des assurances valide expressément la désignation de bénéficiaires « sans être nommément désignés », dès lors qu'ils sont suffisamment définis pour être identifiés au moment du dénouement. « Mon conjoint, à défaut mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés, à défaut mes héritiers » en est la formulation la plus courante. Elle évite d'avoir à modifier la clause à chaque naissance, chaque mariage, chaque divorce.
Mon épargne peut-elle être bloquée ?
Deux mécanismes distincts existent, et ils ne se contournent pas de la même façon. Le Haut Conseil de stabilité financière peut, sur proposition du gouverneur de la Banque de France, suspendre ou limiter temporairement les rachats pour l'ensemble du marché, pour trois mois au plus, renouvelables dans la limite de six mois consécutifs (article L631-2-1, 5° ter du code monétaire et financier) : cette mesure n'a jamais été activée depuis son adoption en 2016. L'ACPR peut par ailleurs viser un organisme en particulier et lui ordonner de suspendre, retarder ou limiter le paiement des valeurs de rachat, les arbitrages ou les avances (article L612-33, 7° du même code). Le premier risque ne se diversifie pas en changeant d'assureur ; le second, si.

Comparer les frais de contrats

Une dernière recommandation, la seule de cette page : demandez le tableau complet des frais avant de signer, tous niveaux confondus, frais internes des unités de compte inclus. C'est le document que les brochures résument et que les contrats détaillent. Un chiffrage se compare ensuite ligne à ligne, à supports équivalents.

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