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Actualités assurance santé

Actualités assurance santé

En 2024, les cotisations collectées par les complémentaires santé ont atteint 46,5 milliards d'euros, en hausse de 8,2 % sur un an, une croissance que la DREES qualifie d'inédite depuis 2012. Le fil d'actualité, lui, répète toujours la même chose : une annonce de hausse, un comparatif, une promesse d'économie. Cette page suit autre chose, à commencer par une idée fausse très répandue. La résiliation après un an ne vient pas d'une loi distincte de la loi Hamon : elle vient de l'article L113-15-2, que la loi du 14 juillet 2019 a modifié. Et l'article à citer dépend de votre organisme, pas de la loi.

Ce que nous suivons en assurance santé

Les sujets sur lesquels une évolution change vraiment quelque chose pour un assuré. Le reste relève de la communication des assureurs.

  • la répartition des remboursements entre l'assurance maladie et les complémentaires, qui explique la majorité des mouvements de cotisation
  • le contenu des paniers du dispositif 100 % Santé en optique, en dentaire et en audiologie, et les équipements qui en sortent
  • le cahier des charges du contrat responsable, qui impose certaines prises en charge et en interdit d'autres
  • les restes à charge que la réglementation laisse au patient, participation forfaitaire et franchises médicales, et les exonérations prévues par la loi
  • les pratiques de délai de carence en contrat individuel, rarement affichées au tableau commercial
  • l'exécution réelle de la résiliation après un an par les organismes, plusieurs années après son entrée en vigueur
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Ce qui a changé, et depuis quand

Trois dates suffisent à situer l'état du droit applicable à une complémentaire santé en 2026. Pour chacune : la date, les contrats concernés, l'effet, le geste.

  • 1er décembre 2020. La résiliation à tout moment après un an s'applique aux contrats de remboursement de frais médicaux. Elle ne relève pas d'un texte à part : la loi n° 2019-733 du 14 juillet 2019 a modifié l'article L113-15-2 du code des assurances, issu de la loi Hamon, pour y inclure ces contrats.
  • Entre 2019 et 2021. Le dispositif 100 % Santé se déploie par étapes. Optique et audiologie pour les contrats souscrits ou renouvelés à compter du 1er janvier 2020 ; dentaire d'abord sur les bridges et les couronnes au 1er janvier 2020, puis élargi aux prothèses amovibles au 1er janvier 2021.
  • En vigueur aujourd'hui. La participation forfaitaire est de 2 € par consultation ou acte médical, dans la limite de 8 € par jour et de 50 € par an et par personne. Les franchises médicales, qui portent sur les médicaments, les actes paramédicaux et les transports sanitaires, sont elles aussi plafonnées à 50 € par an (ameli.fr). Un contrat responsable ne peut rembourser ni l'une ni les autres.

Pourquoi les cotisations montent : ce que dit la DREES

La question revient chaque hiver, et une source publique y répond mieux que n'importe quel comparatif.

Dans son rapport annuel sur la situation financière des organismes complémentaires, la DREES chiffre les cotisations santé collectées à 46,5 milliards d'euros en 2024, en hausse de 8,2 % sur un an, après une progression de 6,0 % en 2023. Elle qualifie cette croissance d'inédite depuis 2012. Les prestations versées s'élevaient à 34,9 milliards d'euros en 2023, pour un résultat net représentant 3,4 % des cotisations la même année.

Une précaution de lecture s'impose, et le rapport la pose lui-même : les années de référence diffèrent d'un indicateur à l'autre. Nous recopions donc l'année exacte à côté de chaque chiffre plutôt que de les harmoniser.

Ce que ces chiffres n'expliquent pas, c'est votre propre avis d'échéance. Deux mécanismes y pèsent davantage qu'une moyenne nationale. L'âge, d'abord : de nombreux contrats individuels appliquent une grille par tranche, et le passage d'une tranche à l'autre suffit à faire monter la cotisation sans décision commerciale. Le déplacement de la frontière entre régimes, ensuite : quand l'assurance maladie recule d'un cran sur un poste, le contrat qui complète prend le relais, et la cotisation finit par le refléter.

Le 100 % Santé a rendu comparables des lignes qui ne le sont plus

Sur les équipements des paniers définis en optique, en dentaire prothétique et en audiologie, un contrat responsable couvre l'intégralité du reste à charge. La conséquence est paradoxale pour qui compare des contrats : ces lignes sont désormais identiques partout, et elles ne discriminent plus rien.

La comparaison utile s'est déplacée. Elle porte sur ce qui reste en dehors des paniers : montures et verres de classe supérieure, prothèses dentaires hors panier, aides auditives haut de gamme, dépassements d'honoraires, chambre particulière et forfait journalier hospitalier.

Une question posée à l'opticien ou à l'audioprothésiste vaut mieux qu'un tableau de garanties. Demandez le devis dans les deux configurations, panier 100 % Santé et équipement choisi, et regardez l'écart. C'est cet écart, et lui seul, que votre contrat va couvrir ou non.

Ce que le contrat responsable ne peut pas rembourser, et qui en est exonéré

Le cahier des charges du contrat responsable interdit la prise en charge de la participation forfaitaire, des franchises médicales et de la majoration appliquée hors parcours de soins coordonnés (article L871-1 du code de la sécurité sociale). Sur ces lignes, changer de contrat responsable ne change rien.

Deux nuances valent d'être posées, parce qu'elles sont presque toujours omises. L'interdiction ne vise que les contrats responsables : elle n'est pas une règle universelle, même si le régime fiscal et social pousse fortement dans cette direction. Et la loi elle-même efface ces montants pour plusieurs publics : les mineurs, les femmes enceintes à partir du sixième mois de grossesse, les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, ceux de l'aide médicale de l'État, et les victimes d'actes de terrorisme.

Une confusion voisine mérite d'être levée. L'exonération liée à une affection de longue durée ne porte que sur le ticket modérateur des soins en rapport avec l'affection. Restent dus les dépassements d'honoraires, la participation forfaitaire, les franchises et le forfait journalier hospitalier. Un assuré en affection de longue durée n'est donc pas couvert à 100 % au sens courant du terme, et un renfort peut garder du sens.

Résilier après un an : le bon article selon l’organisme

Un lecteur veut résilier sa complémentaire et cherche le texte à citer. Il trouve trois réponses contradictoires en trois recherches, dont une qui l'avertit qu'un mauvais article ferait rejeter sa demande. Cet avertissement ne repose sur aucun texte, et nous ne l'avons trouvé nulle part.

La règle est plus simple qu'il n'y paraît, mais elle dépend de l'organisme porteur. L'article L113-15-2 du code des assurances vise les entreprises d'assurance. Son miroir pour une mutuelle est l'article L221-10-2 du code de la mutualité. Une institution de prévoyance, elle, relève de l'article L932-12-1 du code de la sécurité sociale. Trois textes, un seul mécanisme.

Deux points de procédure comptent davantage que le numéro d'article. La résiliation prend effet un mois après réception de la notification par l'organisme, et non le lendemain de l'envoi. La règle du cachet de la poste, qui appartient à la résiliation annuelle à l'échéance de l'article L113-12, ne s'applique pas ici : c'est la réception qui compte.

Le nouvel organisme, enfin, ne vous rend pas un service commercial. Pour les contrats de remboursement de frais médicaux, il effectue les formalités pour votre compte, et aucune condition d'équivalence de garanties ne lui est opposable. L'équivalence est une exigence de l'assurance emprunteur, pas de la complémentaire santé.

Le geste qui évite l'essentiel des erreurs tient en dix secondes. Retournez votre carte de tiers payant : elle nomme l'organisme porteur. C'est lui qui détermine l'article à citer, avant même que vous n'écriviez la première ligne.

Contrat collectif et portabilité : un autre régime

Un salarié couvert par la complémentaire de son entreprise n'entre pas dans ce mécanisme. Son adhésion est liée au contrat de travail, et la négociation du contrat se fait entre l'employeur et l'organisme. Les hausses suivent l'accord ou la décision de l'employeur, et c'est à lui que la question se pose.

Après une rupture du contrat de travail ouvrant droit à l'assurance chômage, hors faute lourde, les garanties sont maintenues à titre gratuit. L'article L911-8 du code de la sécurité sociale en fixe la durée : celle du dernier contrat de travail, dans la limite de douze mois.

Le calcul est à faire avant de souscrire un contrat individuel dans la précipitation. La portabilité peut couvrir la période de recherche d'emploi sans cotisation, et souscrire en parallèle revient à payer deux fois pour la même période.

Complémentaire santé solidaire : le plafond par personne décroît avec le foyer

Une idée reçue tenace veut qu'une famille nombreuse accède plus facilement à la complémentaire santé solidaire qu'un célibataire au même revenu par personne. Le raisonnement est exactement inversé.

Le plafond de ressources n'est pas proportionnel au nombre de personnes du foyer. Il progresse par coefficients dégressifs, de sorte que le plafond rapporté à chaque personne diminue à mesure que le foyer s'agrandit. À revenu par personne identique, c'est donc la personne seule qui ouvre droit, et la famille nombreuse qui peut se retrouver au-dessus.

Nous ne recopions pas ici les montants. Ils sont revalorisés chaque 1er avril par arrêté, et un plafond cité sans son arrêté devient faux à la révision suivante. Le simulateur officiel et la page dédiée de ce site donnent le chiffre du jour.

Ce que nous ne relaierons pas

Les fourchettes de hausse annoncées chaque automne sans contrat de référence, sans profil et sans niveau de garanties. Elles ne se vérifient sur aucun avis d'échéance.

Un classement de complémentaires fondé sur le prix, alors que l'écart se joue sur les postes hors paniers 100 % Santé, les dépassements d'honoraires et l'hospitalisation.

Les « relevés » et « baromètres » publiés sans méthode, sans échantillon et sans date de collecte.

Ce que nous publierons tient en trois catégories : une évolution des paniers 100 % Santé ou du cahier des charges du contrat responsable, une révision de la participation forfaitaire, des franchises ou de leurs exonérations, un changement des règles de résiliation ou de portabilité.

Trois catégories seulement changent un contrat

Le tri est simple une fois qu'on sait quoi regarder. Une information qui n'entre dans aucune de ces trois cases relève de la communication produit, et nous la traitons comme telle.

La règle de droit

Une loi, un décret, un arrêté. Le texte est daté, public, et s'impose à tous les assureurs le même jour. La loi Hamon, la loi Lemoine et le régime des catastrophes naturelles appartiennent à cette catégorie.

Le barème réglementaire

Coefficient de réduction-majoration, paniers du dispositif 100 % Santé, franchise et surprime légales en catastrophe naturelle : quand ces barèmes bougent, tous les assurés concernés le sont au même moment. Ils bougent rarement, mais ils bougent : la surprime catastrophes naturelles est passée de 12 % à 20 % sur les contrats dommages aux biens et de 6 % à 9 % sur les contrats auto au 1er janvier 2025, en application de l'arrêté du 22 décembre 2023.

La jurisprudence

Une décision de justice sur la portée d'une exclusion vaut plus qu'un communiqué : elle dit comment le contrat sera interprété, y compris pour un contrat signé il y a plusieurs années.

Les repères de fond, qui bougent rarement

Au moment d'un sinistre, l'essentiel des questions porte sur des règles stables depuis des années. Rarement ne veut pas dire jamais : le délai de déclaration en catastrophe naturelle est passé à 30 jours au 1er janvier 2023, et la surprime qui finance ce régime a été relevée au 1er janvier 2025. Quand un repère change, nous le signalons ici.

  • la résiliation possible à tout moment après un an d'adhésion, sur le fondement de l'article L113-15-2 du code des assurances, que la loi du 14 juillet 2019 a étendu aux contrats de frais médicaux
  • le dispositif 100 % Santé, limité aux équipements des paniers définis en optique, en dentaire et en audiologie
  • l'interdiction faite au contrat responsable de rembourser la participation forfaitaire, les franchises médicales et la majoration hors parcours de soins
  • la portabilité des garanties collectives après une rupture du contrat de travail ouvrant droit à l'assurance chômage
  • les délais de carence des contrats individuels, distincts selon les postes et rarement affichés
  • le pourcentage de remboursement, le plus souvent exprimé sur la base de remboursement de la sécurité sociale, part de l'assurance maladie comprise : la mention figure en tête du tableau de garanties

Une hausse annoncée n'est pas une hausse subie

Chaque automne, des fourchettes de hausse circulent. Elles portent sur des moyennes de marché et n'ont aucune valeur contractuelle : aucune ne décrit un contrat, un âge et un niveau de garanties précis.

La vérification utile prend deux minutes. Comparez votre avis d'échéance à celui de l'an dernier, poste par poste, en regardant d'abord si vous avez changé de tranche d'âge et si un niveau de garantie a bougé. Si rien n'a changé et que le prix monte, la question se pose à votre organisme, avec le chiffre sous les yeux.

Questions fréquentes

Ma complémentaire peut-elle rembourser les franchises médicales ?
Pas si elle est responsable : l'article L871-1 du code de la sécurité sociale lui interdit de prendre en charge la participation forfaitaire, les franchises médicales et la majoration hors parcours de soins. Deux réserves toutefois. L'interdiction ne vise que les contrats responsables. Et la loi efface elle-même ces montants pour les mineurs, les femmes enceintes à partir du sixième mois, les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire et de l'aide médicale de l'État, ainsi que les victimes d'actes de terrorisme.
Quel texte invoquer pour résilier après un an ?
Celui qui correspond à votre organisme. L'article L113-15-2 du code des assurances pour une entreprise d'assurance, l'article L221-10-2 du code de la mutualité pour une mutuelle, l'article L932-12-1 du code de la sécurité sociale pour une institution de prévoyance. La résiliation prend effet un mois après réception de la notification, et le nouvel organisme effectue les formalités pour votre compte, sans condition d'équivalence de garanties.
Pourquoi ma mutuelle augmente-t-elle ?
Trois causes se cumulent. Une tendance de marché : les cotisations santé ont atteint 46,5 milliards d'euros en 2024, en hausse de 8,2 % (DREES). Un effet d'âge : de nombreux contrats individuels appliquent une grille par tranche, et changer de tranche suffit. Un effet de périmètre : quand l'assurance maladie recule sur un poste, la complémentaire prend le relais. Seule la comparaison de deux avis d'échéance, à garanties identiques, dit ce qui s'est passé sur votre contrat.
Mon ALD est-elle remboursée à 100 % ?
Non, pas au sens courant. L'exonération liée à une affection de longue durée porte sur le ticket modérateur des soins en rapport avec l'affection. Restent à votre charge les dépassements d'honoraires, la participation forfaitaire, les franchises médicales et le forfait journalier hospitalier. Un renfort de garanties peut donc rester utile, notamment sur l'hospitalisation et les dépassements.
Pourquoi cette page affiche-t-elle parfois peu d’articles ?
Parce que nous ne publions que ce qui modifie un contrat ou une indemnisation. Sur certains produits, il ne se passe rien pendant des mois. Nous préférons l'écrire plutôt que remplir la page avec des sujets voisins.
Mon assureur peut-il modifier mon contrat en cours d’année ?
Pas en silence. Toute modification d'un contrat en cours se constate par un avenant signé des parties (article L112-3 du code des assurances). L'évolution du tarif apparaît en général sur l'avis d'échéance, selon la clause de révision prévue au contrat. Pour un contrat individuel reconduit tacitement, hors assurance vie, cet avis doit aussi rappeler la date limite de résiliation (loi Chatel, article L113-15-1), qui ne vise ni l'assurance vie ni les contrats de groupe. Sur un contrat collectif d'entreprise, une modification suit l'accord ou la décision de l'employeur.
Une évolution de la loi s’applique-t-elle aux contrats déjà signés ?
Cela dépend du texte. Certaines réformes ne visent que les contrats souscrits après leur entrée en vigueur, d'autres s'imposent au stock existant. Le périmètre figure dans le texte publié. La date d'effet, pas toujours : à défaut de mention, l'article 1er du Code civil fait entrer le texte en vigueur le lendemain de sa publication au Journal officiel, et certains textes attendent un décret d'application publié plus tard.
Comment reconnaître une fausse actualité assurance ?
Trois signaux suffisent : l'absence de source vérifiable sur une règle présentée comme légale, l'absence de date d'effet, et un périmètre flou du type « les assureurs vont ». Une mesure réelle précise qui elle concerne et à partir de quand. Toutes les études ne se valent pas non plus : les publications de France Assureurs, de l'ACPR, de la DREES et de la Médiation de l'assurance ne sont pas des communiqués commerciaux, même si elles n'ont aucune valeur contractuelle.