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Actualités assurance prévoyance

Actualités assurance prévoyance

En prévoyance, une actualité compte quand elle déplace votre prestation, et cela peut arriver sans qu'une ligne de votre contrat change. Le cas le plus récent date du 1er avril 2025 : le salaire retenu pour calculer les indemnités journalières maladie est plafonné à 1,4 Smic, contre 1,8 auparavant. Un contrat qui complète la sécurité sociale jusqu'à un pourcentage du salaire doit alors verser davantage. Avec un contrat forfaitaire, rien ne bouge : au-dessus du plafond, c'est l'assuré qui perd la différence. Reste à savoir lequel des deux vous avez signé.

Ce que nous suivons en assurance prévoyance

Les sujets sur lesquels une évolution change vraiment quelque chose pour un assuré. Le reste relève de la communication des assureurs.

  • les règles d'indemnisation de l'arrêt de travail et de l'invalidité par le régime obligatoire, qui fixent ce qui reste à la charge d'un contrat indemnitaire
  • les définitions d'invalidité retenues au contrat : catégories de la sécurité sociale, profession exercée ou toute profession
  • la prévoyance des travailleurs non salariés, qui part d'un socle obligatoire plus mince
  • les délais de franchise en arrêt de travail, exprimés en jours et distincts du délai de carence
  • les décisions de justice sur la rédaction des exclusions et sur la sanction d'une déclaration de santé inexacte
  • la portabilité des garanties collectives après la fin du contrat de travail
Guide de la prévoyance Garantie invalidité Prévoyance des non-salariés Prévoyance d'entreprise Résilier une garantie décès Estimer le capital à assurer Définition de la prévoyance Toutes les actualités

Ce qui a changé, et à partir de quand

Le changement public le plus récent que nous ayons relu sur le texte passe par la grille que nous appliquons à chaque nouveauté : la date, les contrats concernés, l'effet, le geste. Le voici.

  • Date d'effet : arrêts de travail débutant à compter du 1er avril 2025. Texte : décret n° 2025-160 du 20 février 2025, qui modifie l'article R323-4 du code de la sécurité sociale.
  • Ce qui change : le revenu d'activité retenu pour calculer les indemnités journalières maladie est plafonné à 1,4 fois le Smic mensuel, au lieu de 1,8 fois. L'indemnité reste égale à 50 % du salaire journalier de base.
  • Qui est concerné : les salariés du régime général et du régime agricole, ainsi que les artistes-auteurs indemnisés, dont la rémunération dépasse le nouveau plafond. En dessous, le calcul est inchangé.
  • Effet sur la prévoyance : un contrat indemnitaire qui garantit un revenu et déduit les indemnités réellement versées doit combler l'écart. Un contrat forfaitaire verse le même montant qu'avant.
  • Geste : relire la clause de calcul de l'indemnité complémentaire et vérifier ce qu'elle déduit, les indemnités versées ou un montant théorique.

Forfaitaire ou indemnitaire : la clause qui décide si une réforme vous touche

Deux contrats peuvent afficher la même garantie « incapacité de travail » et réagir en sens opposé à la même réforme. Tout tient à une clause, celle qui dit comment la prestation se calcule.

Le contrat forfaitaire verse un montant fixé à la souscription, par jour d'arrêt ou par mois d'invalidité, quoi que perçoive l'assuré par ailleurs. Une baisse des prestations de la sécurité sociale ne le concerne pas. Le contrat indemnitaire complète : il vise un pourcentage du revenu, sous déduction de ce que versent le régime obligatoire et, le cas échéant, l'employeur. Sa prestation varie donc à l'inverse du régime obligatoire. Moins la caisse verse, plus il paie.

Prenons la question qu'un salarié payé au-dessus de 1,4 Smic peut se poser : la réforme de 2025 m'a-t-elle coûté quelque chose ? La presse n'y répond pas, les conditions générales si. Si la clause fixe un montant par jour, le contrat n'a pas bougé, mais le revenu total de l'arrêt a baissé du montant retiré par la sécurité sociale. Avec une clause en pourcentage du salaire, sous déduction des indemnités versées, le complément a monté et le revenu garanti est resté stable.

Un piège se loge dans la seconde famille. Certaines clauses déduisent des indemnités « reconstituées », calculées selon une formule propre au contrat. Selon sa rédaction, la baisse de 2025 peut alors rester à la charge de l'assuré. Nous n'avons pas de relevé chiffré de ces clauses et n'en publierons pas sans contrats analysés.

Le geste qui découle de tout le reste de cette page est modeste : avant de lire une actualité sur la prévoyance, notez le mode de calcul de votre contrat. Sans lui, aucune nouvelle ne se traduit en euros.

Le plafond de la sécurité sociale révise prestation et cotisation ensemble

Beaucoup de garanties collectives s'expriment en fonction du plafond annuel de la sécurité sociale : une cotisation en pourcentage de la tranche de salaire située sous ce plafond, un capital décès égal à un multiple du plafond. Ce plafond est fixé chaque année par arrêté.

Sa révision modifie donc à la fois la prestation promise et la cotisation prélevée, sans décision de l'assureur ni de l'assuré. Le mécanisme n'a rien d'exceptionnel : en assurance de dommages, la surprime catastrophes naturelles suit elle aussi un taux fixé par arrêté.

L'exemple le plus connu concerne les cadres. L'accord national interprofessionnel du 17 novembre 2017 impose à l'employeur une cotisation de prévoyance de 1,50 % de la tranche de rémunération inférieure au plafond. S'il ne peut justifier du contrat au décès d'un salarié cadre, il verse aux ayants droit une somme égale à trois fois le plafond annuel en vigueur lors du décès.

Nous ne recopions pas ici le montant du plafond de l'année : un chiffre cité sans son arrêté devient faux au 1er janvier suivant. La vérification utile se fait une fois par an, en rapportant la cotisation annuelle au capital ou à la rente garantis.

Arrêt de travail et invalidité : les paramètres publics du raccordement

Dès qu'un contrat est indemnitaire, sa prestation complète celle du régime obligatoire. Trois paramètres publics fixent donc ce qui reste à sa charge, et chacun a un texte.

  • La durée des indemnités journalières : hors affection de longue durée, 360 indemnités au plus sur une période de trois ans (article R323-1 du code de la sécurité sociale). En affection de longue durée, la période de versement peut atteindre trois ans. Ensuite, la pension d'invalidité prend le relais si l'assuré y ouvre droit.
  • Les conditions d'ouverture pour les six premiers mois d'arrêt : avoir travaillé au moins 150 heures au cours des trois mois précédents, ou avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 1 015 fois le Smic horaire sur six mois (service-public.gouv.fr, fiche F3053).
  • L'invalidité : une capacité de travail réduite d'au moins deux tiers, et trois catégories (articles L341-1 et L341-4). La pension vaut 30 % du salaire annuel moyen en première catégorie, 50 % en deuxième, 50 % plus une majoration pour tierce personne en troisième. Ce salaire moyen se calcule sur les dix meilleures années, dans la limite du plafond de la sécurité sociale (fiche F672).

L'invalidité du contrat n'est pas forcément celle de la caisse

Le lien entre ces règles et votre contrat passe par sa définition de l'invalidité. Un contrat qui renvoie aux catégories de la sécurité sociale suit la décision de la caisse. À l'inverse, un contrat qui retient son propre barème, fondé sur la profession exercée ou sur toute profession, peut aboutir à un taux différent pour le même état de santé.

La différence pèse surtout pour un non-salarié, dont le socle obligatoire est plus mince et dont le contrat fait l'essentiel du revenu de remplacement. Cette ligne se lit avant de signer, et se relit à chaque changement de métier.

Ce que les tribunaux changent sur les exclusions

Le second gisement d'actualité utile vient des tribunaux, pas du Journal officiel. La règle de départ tient dans l'article L113-1 du code des assurances : une exclusion n'est opposable que si elle est « formelle et limitée ». Une clause qui écarte les affections psychiques sans autre précision, ou qui renvoie à une liste ouverte, prête à discussion, et les juges tranchent au cas par cas.

Les décisions portent aussi sur la déclaration de santé, où deux articles organisent la sanction sans se confondre. Une fausse déclaration intentionnelle qui change l'objet du risque ou en diminue l'opinion pour l'assureur entraîne la nullité du contrat, même si le risque omis a été sans influence sur le sinistre, et les primes restent acquises à l'assureur (L113-8). Découverte après sinistre, une déclaration inexacte de bonne foi réduit l'indemnité en proportion des primes payées par rapport à celles qui auraient été dues (L113-9).

La bonne foi se présume : c'est à celui qui allègue la mauvaise foi de la prouver (article 2274 du code civil). Et une décision de justice n'a pas de date d'entrée en vigueur. Elle dit comment le texte devait être compris, ce qui la rend opposable aux litiges en cours.

Résilier ou changer de contrat : la règle dépend de la garantie

La promesse d'une résiliation « à tout moment » ne vise pas la prévoyance. L'article R113-11 du code des assurances réserve la résiliation après un an de L113-15-2 à l'assurance automobile, à l'habitation et aux assurances vendues en complément d'un bien ou d'un service ; la loi l'a étendue aux complémentaires santé. Un contrat de prévoyance n'entre dans aucune de ces catégories.

Pour les garanties arrêt de travail et invalidité, qui ne relèvent pas de l'assurance vie, la voie ordinaire est la résiliation à l'échéance (article L113-12), sauf clause plus favorable. La demande part dans le préavis prévu au contrat, que la loi plafonne à deux mois avant l'échéance, et le délai court à partir de la date du cachet de la poste ou de la date d'expédition de la notification.

Un changement de situation ouvre une autre porte pour ces mêmes garanties : déménagement, changement de situation ou de régime matrimonial, de profession, départ à la retraite ou cessation définitive d'activité. Si le contrat garantit un risque lié à la situation antérieure qui ne se retrouve pas dans la nouvelle, l'article L113-16 permet de résilier dans les trois mois suivant l'événement, sans indemnité, avec effet un mois après réception de la notification.

La garantie décès suit d'autres règles. Elle relève des assurances sur la vie, que L113-12 et L113-16 écartent expressément, et la loi Chatel ne s'y applique pas. Ce sont les clauses du contrat et le régime propre à l'assurance vie qui encadrent l'arrêt des versements, détaillés sur notre page consacrée à la résiliation d'une garantie décès.

Ce que nous ne publierons pas

Les classements fondés sur les capitaux affichés, qui ignorent la définition de l'invalidité, la franchise en jours et le mode de calcul.

Les annonces de produits « simplifiés », sans dire ce que la simplification retire. Un questionnaire médical plus court peut s'accompagner d'exclusions plus larges ou d'un délai de carence : la question se pose à chaque fois, et seules les conditions générales y répondent.

Les statistiques d'arrêts de travail publiées sans distinguer la nature des arrêts, leur durée et le régime concerné.

Ce que nous publierons tient en trois catégories : une révision de paramètre public qui modifie le calcul d'une prestation, une évolution des règles d'indemnisation du régime obligatoire, et une décision de justice qui restreint l'usage d'une exclusion ou précise la sanction d'une déclaration de santé.

Trois catégories seulement changent un contrat

Le tri est simple une fois qu'on sait quoi regarder. Une information qui n'entre dans aucune de ces trois cases relève de la communication produit, et nous la traitons comme telle.

La règle de droit

Une loi, un décret, un arrêté. Le texte est daté, public, et s'impose à tous les assureurs le même jour. La loi Hamon, la loi Lemoine et le régime des catastrophes naturelles appartiennent à cette catégorie.

Le barème réglementaire

Coefficient de réduction-majoration, paniers du dispositif 100 % Santé, franchise et surprime légales en catastrophe naturelle : quand ces barèmes bougent, tous les assurés concernés le sont au même moment. Ils bougent rarement, mais ils bougent : la surprime catastrophes naturelles est passée de 12 % à 20 % sur les contrats dommages aux biens et de 6 % à 9 % sur les contrats auto au 1er janvier 2025, en application de l'arrêté du 22 décembre 2023.

La jurisprudence

Une décision de justice sur la portée d'une exclusion vaut plus qu'un communiqué : elle dit comment le contrat sera interprété, y compris pour un contrat signé il y a plusieurs années.

Les repères de fond, qui bougent rarement

Au moment d'un sinistre, l'essentiel des questions porte sur des règles stables depuis des années. Rarement ne veut pas dire jamais : le délai de déclaration en catastrophe naturelle est passé à 30 jours au 1er janvier 2023, et la surprime qui finance ce régime a été relevée au 1er janvier 2025. Quand un repère change, nous le signalons ici.

  • la définition de l'invalidité, par renvoi aux catégories de la sécurité sociale, à la profession exercée ou à toute profession
  • la franchise en jours avant le premier versement, à ne pas confondre avec le délai de carence qui court depuis la souscription
  • les exclusions visant les affections psychiques ou dorsales, rachetables sur certains contrats : la réponse figure aux conditions particulières, pas dans la brochure
  • le mode de calcul, forfaitaire ou indemnitaire, qui décide si une réforme du régime obligatoire vous touche
  • la portabilité des garanties collectives après une rupture du contrat de travail ouvrant droit à l'assurance chômage, hors faute lourde, pour la durée du dernier contrat et douze mois au plus (article L911-8 du code de la sécurité sociale)

Une hausse annoncée n'est pas une hausse subie

Les chiffres de hausse qui circulent portent sur des moyennes de marché et n'ont aucune valeur contractuelle. En prévoyance individuelle, deux mécanismes peuvent faire monter une cotisation sans décision visant votre dossier : un tarif fondé sur l'âge atteint, qui progresse par tranches, et une garantie exprimée en fonction du plafond de la sécurité sociale, revalorisée avec lui.

La vérification prend deux minutes : comparez votre avis d'échéance à celui de l'an dernier, garantie par garantie. Sur un contrat collectif, la cotisation suit l'accord ou la décision de l'employeur, et c'est à lui que la question se pose.

Questions fréquentes

Une baisse des indemnités journalières réduit-elle ma prestation de prévoyance ?
Cela dépend du mode de calcul. Un contrat indemnitaire qui complète jusqu'à un pourcentage du salaire, sous déduction des indemnités versées, paie davantage quand la sécurité sociale verse moins : c'est l'effet du plafond abaissé à 1,4 Smic pour les arrêts débutant depuis le 1er avril 2025. Un contrat forfaitaire verse le même montant, et la baisse reste à votre charge.
Une exclusion « maladies psychiques » est-elle toujours opposable ?
Pas nécessairement. L'article L113-1 du code des assurances n'admet que les exclusions formelles et limitées. Une clause vague ou qui renvoie à une liste ouverte peut être écartée par le juge, qui apprécie la rédaction au cas par cas.
Peut-on résilier un contrat de prévoyance à tout moment ?
Non. La résiliation après un an de l'article L113-15-2 ne vise que l'auto, l'habitation, les assurances affinitaires et les complémentaires santé. Les garanties arrêt de travail et invalidité se résilient à l'échéance (L113-12) ou après un changement de situation (L113-16). La garantie décès, rattachée à l'assurance vie, suit les clauses du contrat.
Pourquoi cette page affiche-t-elle parfois peu d’articles ?
Parce que nous ne publions que ce qui modifie un contrat ou une indemnisation. Sur certains produits, il ne se passe rien pendant des mois. Nous préférons l'écrire plutôt que remplir la page avec des sujets voisins.
Mon assureur peut-il modifier mon contrat en cours d’année ?
Pas en silence. Toute modification d'un contrat en cours se constate par un avenant signé des parties (article L112-3 du code des assurances). L'évolution du tarif apparaît en général sur l'avis d'échéance, selon la clause de révision prévue au contrat. Pour un contrat individuel reconduit tacitement, hors assurance vie, cet avis doit aussi rappeler la date limite de résiliation (loi Chatel, article L113-15-1), qui ne vise ni l'assurance vie ni les contrats de groupe. Sur un contrat collectif d'entreprise, une modification suit l'accord ou la décision de l'employeur.
Une évolution de la loi s’applique-t-elle aux contrats déjà signés ?
Cela dépend du texte. Certaines réformes ne visent que les contrats souscrits après leur entrée en vigueur, d'autres s'imposent au stock existant. Le périmètre figure dans le texte publié. La date d'effet, pas toujours : à défaut de mention, l'article 1er du Code civil fait entrer le texte en vigueur le lendemain de sa publication au Journal officiel, et certains textes attendent un décret d'application publié plus tard.
Comment reconnaître une fausse actualité assurance ?
Trois signaux suffisent : l'absence de source vérifiable sur une règle présentée comme légale, l'absence de date d'effet, et un périmètre flou du type « les assureurs vont ». Une mesure réelle précise qui elle concerne et à partir de quand. Toutes les études ne se valent pas non plus : les publications de France Assureurs, de l'ACPR, de la DREES et de la Médiation de l'assurance ne sont pas des communiqués commerciaux, même si elles n'ont aucune valeur contractuelle.