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Assurance GAV

GAV veut dire garantie des accidents de la vie. Selon service-public.fr (fiche F3077, mise à jour le 10 avril 2026), ce contrat facultatif indemnise les accidents de la vie courante, y compris quand personne n'est responsable : accidents domestiques, de loisirs ou sportifs, et certains événements exceptionnels comme un attentat, une catastrophe ou un accident médical. Il ne verse rien en dessous du seuil d'atteinte permanente écrit au contrat.

Lecture 20 min · Rédigé par Sophie Nardin, Spécialiste santé & prévoyance

Comparer en 2 minutes Page GAV

Ce qui décide sur ce contrat. Le seuil d'atteinte permanente à l'intégrité physique et psychique, puis la liste des postes de préjudice indemnisés : ces deux clauses décident de ce que vous toucherez, bien avant le plafond affiché en couverture.

Garantie des accidents de la vie : ce qui est couvert, ce qui reste dehors

Le contrat indemnise les conséquences corporelles d'un accident de la vie privée : dépenses de santé restées à charge, pertes de revenus, aménagement du logement ou du véhicule, assistance par une tierce personne, et selon les contrats les préjudices personnels que le droit commun de la réparation du dommage corporel reconnaît. Service-public.fr range dans son champ les accidents domestiques, les accidents de loisirs ou sportifs et certains événements exceptionnels. Une expertise médicale détermine un taux d'atteinte à l'intégrité physique et psychique, l'AIPP, qui commande le reste.

Restent dehors les accidents relevant d'un autre régime : accidents du travail et de trajet, accidents de la circulation indemnisés par l'assureur d'un tiers responsable. Les maladies sont exclues par nature, la GAV couvrant l'accident, c'est-à-dire un événement soudain, extérieur et involontaire. Le contrat peut par ailleurs prévoir ses propres exclusions, sports dangereux ou faute intentionnelle par exemple (service-public.fr).

À qui ce contrat s'adresse

  • famille avec enfants, dont les droits dépendent des postes non professionnels
  • bricoleur ou jardinier régulier
  • sportif de loisir, sous réserve des exclusions de sa discipline
  • personne vivant seule, pour qui l'aide à domicile devient la question centrale
  • travailleur non salarié peu couvert en cas d'accident privé

Aucune obligation légale. Le contrat vient combler un trou : votre responsabilité civile indemnise les tiers que vous blessez, jamais vos propres dommages quand personne n'est responsable. Attention toutefois à ne pas présenter la GAV comme l'unique recours. En circulation, si le responsable n'est pas identifié ou n'est pas assuré, le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages peut intervenir. Et un accident survenu dans le cadre professionnel relève du régime des accidents du travail. Le tableau ci-dessous situe la GAV par rapport à ces filières.

ProfilStatutConséquence en cas de défaut
Accident domestique sans tiersAucune indemnisation de droit communFrais restés à charge et pertes de revenus pour vous, sauf GAV
Accident causé par un tiers identifié et assuréIndemnisation par l'assureur du responsableLa GAV n'intervient qu'en avance de trésorerie ou en complément
Circulation, responsable non identifié ou non assuréFonds de garantie des assurances obligatoires de dommagesLa GAV peut compléter, elle ne remplace pas ce recours
Accident du travail ou de trajetRégime professionnel spécifiqueExclu du champ de la GAV

Les garanties, et le chiffre qui les borne

Une garantie ne se juge pas sur son intitulé. Pour chacune, la troisième colonne est celle qui décide du montant que vous toucherez.

GarantieCe qui est couvertCe qui la borne
Atteinte permanente à l'intégrité physique et psychiqueRéparation des séquelles définitives, poste par posteSeuil minimum d'AIPP prévu au contrat : service-public cite, à titre d'exemple, 30 % dans les contrats labellisés GAV
Pertes de revenusCompensation de la baisse de ressources pendant l'arrêt et après consolidationJustificatifs exigés, plafond global du contrat, sans objet pour un enfant
Assistance et aménagementsTierce personne, adaptation du logement ou du véhiculePlafond distinct, parfois en option, durée limitée
Préjudices personnelsSouffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d'agrémentPostes écartés par les contrats les plus étroits
Décès accidentelCapital versé aux bénéficiaires désignésPlafond du contrat ; poste le plus facile à afficher, pas le plus déterminant

Point de vigilance. Le seuil d'atteinte permanente à l'intégrité physique et psychique, puis la liste des postes de préjudice indemnisés : ces deux clauses décident de ce que vous toucherez, bien avant le plafond affiché en couverture.

Les clauses qui décident vraiment

Ce sont elles qu'il faut chercher dans les conditions particulières, avant même de comparer les prix.

  • le seuil d'AIPP, très différent d'un contrat à l'autre, qui décide si le dossier s'ouvre ou non
  • la liste des postes indemnisés : un contrat limité aux pertes de revenus et aux frais engagés laisse dehors tout le préjudice personnel
  • la déduction des sommes déjà versées par d'autres organismes : service-public indique que l'indemnisation en tient compte, et la façon dont le contrat les impute change le solde
  • les exclusions sportives, à traiter avant de pratiquer, pas après une fracture
  • la limite d'âge de garantie, distincte de la limite d'adhésion
  • le doublon avec la garantie du conducteur du contrat auto

Quel niveau de couverture selon votre situation

SituationNiveau conseilléGaranties à vérifier en priorité
Famille avec jeunes enfantsFormule familiale de droit communPostes non professionnels, seuil bas, assistance incluse
Personne seule activeFormule individuellePertes de revenus, incidence professionnelle, aménagement du logement
Senior autonomeFormule avec assistance renforcéeTierce personne, adaptation du domicile, absence de limite d'âge de garantie
Sportif de loisir régulierFormule avec rachat d'exclusionsListe des disciplines exclues, préjudice d'agrément

Ce qui fait le prix, et ce qui le fait baisser

Aucune moyenne de marché ne dit ce que vous paierez : la cotisation se construit sur votre dossier. Les critères qui pèsent, en revanche, sont connus.

  • le nombre de personnes couvertes, qui sépare formule individuelle et formule familiale
  • le seuil de déclenchement retenu, premier facteur de la cotisation
  • le plafond d'indemnisation choisi, dont l'effet sur le tarif est plus modéré
  • l'âge des assurés et la limite d'adhésion du contrat
  • les options : rachat d'exclusions sportives, assistance renforcée, prise en charge du médecin conseil de victimes
  • l'étendue territoriale et la durée des séjours couverts à l'étranger

Les leviers qui ne dégradent pas la protection

  • comparer d'abord les seuils, ensuite les postes indemnisés, le plafond en dernier
  • faire l'inventaire des couvertures déjà détenues avant de souscrire
  • couvrir tout le foyer sur un seul contrat plutôt que d'additionner les formules individuelles
  • écarter les options qui font doublon avec un contrat de prévoyance déjà souscrit
  • monter le plafond plutôt que de rogner sur le seuil quand le budget est contraint

Astuce. Aucune prime moyenne de GAV n'est publiée par une source consultable : ce produit se compare sur ses clauses, pas sur un tarif de référence. Commencez donc par le seuil. Un contrat qui s'ouvre à partir d'une atteinte légère indemnise beaucoup plus de dossiers qu'un contrat réservé aux atteintes lourdes, et cet écart se retrouve dans la cotisation. Un tarif deux fois plus bas qu'un autre doit conduire à vérifier ce paramètre avant de se réjouir. Monter le plafond coûte souvent moins cher que baisser le seuil.

Résilier une garantie des accidents de la vie

Le contrat est annuel à tacite reconduction, et il se résilie à l'échéance, avec le préavis prévu au contrat que l'article L113-12 du code des assurances plafonne à deux mois. Le délai court à partir de la date du cachet de la poste ou de la date d'expédition de la notification. Une précision importante, parce qu'elle circule à l'envers un peu partout : la résiliation à tout moment après un an ne s'applique pas ici. L'article R113-11 réserve cette faculté aux contrats de responsabilité civile automobile, aux contrats couvrant la responsabilité du propriétaire ou de l'occupant d'un immeuble, aux assurances affinitaires et, depuis 2019, aux contrats de remboursement de frais médicaux. La GAV n'y figure pas, sauf clause contractuelle plus favorable. Avant de résilier, posez plutôt la question de la révision : un enfant qui quitte le foyer, un conjoint qui arrive, un changement d'activité modifient le périmètre utile sans justifier de tout arrêter.

Après un accident : le calendrier réel d'un dossier

La déclaration se fait dans le délai prévu au contrat. Le document décisif à ce stade est le certificat médical initial : il décrit les lésions constatées et sert de point de départ à toute la suite. Un certificat rédigé à la hâte, qui mentionne une entorse là où il y a aussi un traumatisme crânien, handicape le dossier pendant des années. Demandez qu'il soit détaillé, quitte à retourner voir le médecin. Vient ensuite une période de soins dont la durée dépend de la blessure. Pendant ce temps, l'assureur peut verser des provisions, c'est-à-dire des avances sur l'indemnisation future ; elles ne sont pas automatiques, elles se demandent et se justifient par les dépenses engagées ou la perte de revenus. La consolidation, moment médical où l'état cesse d'évoluer, déclenche l'expertise puis la proposition d'indemnisation. Entre l'accident et la consolidation, il peut s'écouler plusieurs mois pour une fracture simple, bien davantage pour une atteinte neurologique. Ce délai n'est pas une lenteur administrative : indemniser avant consolidation reviendrait à chiffrer un état qui bouge encore.

  • faire établir un certificat médical initial détaillé, lésion par lésion
  • demander des provisions à l'assureur pendant la période de soins
  • tenir un journal des dépenses, des déplacements et des heures d'aide reçues d'un proche
  • se faire assister lors de l'expertise médicale par un médecin conseil de victimes
  • faire relire l'offre poste par poste avant de signer une transaction

Ce contrat s'évalue comme un dossier de réparation

Une garantie accidents de la vie ne se compare pas comme un produit d'assurance ordinaire. Son objet est de vous placer dans la situation d'une victime indemnisée selon les règles de la réparation du dommage corporel, alors qu'aucun responsable n'existe. Ce qui décide du montant perçu n'est donc pas le capital inscrit au contrat, mais la façon dont votre état sera évalué le jour de l'expertise.

Le vocabulaire commercial de la GAV parle de capital et de plafond. Le vocabulaire qui compte est celui de la réparation : consolidation, déficit fonctionnel permanent, incidence professionnelle, tierce personne, souffrances endurées.

La différence est concrète. Dans une assurance de biens, l'indemnité découle d'un chiffrage matériel et d'une valeur assurée. Ici, elle découle d'une évaluation médico-légale de votre état, traduite en postes de préjudice, puis chiffrée poste par poste. Le contrat fixe des bornes, il ne fixe pas le résultat.

D'où l'ordre de lecture. Première question : quel référentiel médical sert à évaluer les séquelles ? Deuxième question : quels postes de préjudice sont indemnisés, et lesquels sont écartés ? Vient ensuite le seuil de déclenchement, et seulement en dernier le plafond. Un plafond élevé sur un contrat qui n'indemnise que trois postes vaut moins qu'un plafond moyen sur un contrat qui applique le droit commun.

Une objection légitime : tout cela paraît théorique tant qu'on n'a pas d'accident. C'est exact, et c'est le problème de ce produit. Il se souscrit sur une abstraction et se juge sur un événement rare. La parade consiste à lire le contrat comme si l'accident avait déjà eu lieu, en se demandant à chaque clause ce qu'elle donnerait dans cette situation. Résultat : on cesse de comparer des tarifs et on commence à comparer des réparations.

L'expertise médicale, le moment où tout se décide

Un dossier GAV se joue lors de l'examen médical. Pas au moment de la souscription, pas au moment de la déclaration : lors de cet examen.

Le médecin mandaté par l'assureur évalue votre état après consolidation, c'est-à-dire quand il est stabilisé. Il attribue un taux d'atteinte à l'intégrité physique et psychique, se prononce sur l'existence d'une incidence professionnelle, sur le besoin d'aide humaine, sur les souffrances subies. Ces conclusions déterminent l'intégralité de l'indemnité.

Premier réflexe : faites-vous assister par un médecin conseil de victimes, indépendant de l'assureur. Cette assistance a un coût, qu'une partie des contrats prend en charge ; la clause se vérifie au moment de souscrire, pas au moment de la convocation. Un examen mené sans contradiction donne rarement le même résultat qu'un examen où un médecin défend votre point de vue.

Deuxième réflexe : préparez le dossier. Comptes rendus opératoires, imagerie, arrêts de travail, ordonnances, séances de rééducation, attestations de proches sur l'aide apportée au quotidien. Ce dossier construit la démonstration ; sans lui, l'expert évalue à partir de ce qu'il voit ce jour-là.

Troisième réflexe : ne signez pas une proposition d'indemnisation le jour où vous la recevez. Une transaction signée ferme le dossier. Le délai de réflexion dont vous disposez et la possibilité d'une contre-expertise dépendent de votre contrat : ce sont deux clauses à lire avant l'accident, car il n'existe pas de règle générale applicable à toutes les GAV, le délai de dénonciation prévu par la loi visant l'indemnisation des accidents de la circulation.

Vérifiez enfin la présence d'une clause d'aggravation. Un état consolidé peut se dégrader des années plus tard. Le contrat doit permettre de rouvrir le dossier dans ce cas, et tous ne le prévoient pas.

Les postes de préjudice, un par un

Parler de droit commun reste abstrait tant qu'on n'a pas vu ce que cela recouvre. Voici ce qu'une réparation complète prend en compte, et ce que les contrats traitent inégalement.

Les dépenses de santé restées à charge après les remboursements sociaux et complémentaires. Les frais d'adaptation du logement et du véhicule, souvent le poste le plus lourd d'un handicap moteur. Les frais d'assistance par une tierce personne, calculés en heures par jour, sur la durée de vie restante pour une séquelle définitive.

Les pertes de gains professionnels, pendant l'arrêt puis après consolidation. L'incidence professionnelle, distincte de la perte de revenus : c'est la dévalorisation sur le marché du travail, la pénibilité accrue, la carrière qui ne se poursuivra pas comme prévu.

Le déficit fonctionnel permanent, qui traduit l'atteinte définitive aux fonctions du corps et à la qualité de vie. Les souffrances endurées, évaluées sur une échelle. Le préjudice esthétique. Le préjudice d'agrément, c'est-à-dire l'impossibilité de poursuivre une activité de loisir ou sportive pratiquée avant l'accident.

Ces derniers postes, dits extrapatrimoniaux, sont ceux que les contrats les plus étroits écartent. Ils n'ont pas de traduction comptable, ce qui les rend faciles à supprimer d'un tableau de garanties sans que le prospect s'en aperçoive. Ils peuvent pourtant peser lourd, en particulier quand les revenus professionnels sont peu affectés.

Un cas le montre bien : l'enfant. Un enfant n'a ni revenu ni carrière, donc pas de perte de gains. Sur un contrat qui n'indemnise que le patrimonial, un accident grave d'enfant ouvre des droits très faibles. Sur un contrat de droit commun, l'incidence sur la scolarité, l'aide humaine et le déficit fonctionnel permanent construisent une réparation substantielle. Notre lecture : pour une famille, c'est le critère de choix qui prime sur tous les autres.

Indemnitaire, forfaitaire, et ce que garantissent les contrats labellisés

Le marché mélange deux logiques sous une même appellation, et la confusion sert les contrats les moins protecteurs.

Un contrat indemnitaire répare le préjudice réel, après évaluation, dans la limite du plafond. Un contrat forfaitaire verse un montant prédéterminé, souvent le produit du taux de séquelle par un capital. Le second est plus rapide et plus lisible. Il ignore en revanche la réalité de votre situation : deux victimes au même taux touchent la même somme, que l'une ait besoin d'une aide humaine quotidienne et l'autre non.

Certaines offres se réclament d'un label de place censé garantir un socle minimal. Ce repère a une utilité : il écarte les contrats les plus creux, et service-public.fr s'y réfère pour illustrer le niveau de seuil pratiqué, en citant l'exemple de 30 % d'AIPP dans les contrats labellisés GAV. Il ne dit rien, en revanche, de la qualité au-delà du socle. Un contrat conforme à un référentiel minimal reste un contrat minimal.

Méfiez-vous des présentations qui mettent en avant un capital décès élevé. Le décès accidentel est le poste le plus simple à chiffrer et le plus facile à afficher, alors qu'un capital décès généreux sur un contrat qui plafonne bas l'invalidité est un mauvais échange : l'invalidité, elle, se paie pendant des décennies.

Regardez enfin comment le contrat s'articule avec vos autres droits. Service-public.fr indique que l'indemnisation tient compte des sommes déjà versées par d'autres organismes, Sécurité sociale ou mutuelle : si la Sécurité sociale prend en charge une partie des frais, l'assureur complète dans la limite du contrat. La question utile n'est donc pas de savoir si le contrat déduit, mais comment il impute ces prestations poste par poste. Sur un dossier lourd, cette clause pèse plus que quelques dizaines d'euros de cotisation annuelle.

Qui est couvert, où, et jusqu'à quel âge

Le périmètre du contrat se lit sur quatre plans, et chacun réserve des surprises.

Les personnes, d'abord. Une formule familiale couvre en général le souscripteur, son conjoint et les enfants à charge. Les définitions varient : un enfant majeur étudiant, un enfant en garde alternée, un concubin non déclaré, un parent hébergé peuvent entrer ou non dans le cercle. Si votre foyer ne ressemble pas au modèle standard, cette clause mérite une lecture attentive et, au besoin, une confirmation écrite.

Le territoire, ensuite. Les contrats couvrent la France et prévoient le plus souvent une extension à l'étranger pour les séjours temporaires, avec une durée maximale. Un expatrié, un étudiant parti pour une année universitaire ou un retraité qui passe six mois hors de France sortent du champ sans le savoir.

L'âge, enfin, et il faut distinguer deux limites. La limite d'adhésion ferme la souscription au-delà d'un certain âge. La limite de garantie, plus problématique, met fin à la couverture alors même que vous cotisez depuis des années, au moment de la vie où une chute peut avoir des conséquences durables. Un contrat sans limite d'âge de garantie, quitte à coûter plus cher, répond mieux à ce que le produit est censé couvrir.

Reste un quatrième plan, moins évident : l'activité. Les accidents survenus dans le cadre professionnel relèvent du régime des accidents du travail et sont exclus. La frontière se discute pour les travailleurs indépendants, le télétravail ou les trajets. Un artisan blessé dans son atelier ne relève pas de la GAV ; le même artisan blessé en bricolant chez lui le dimanche, oui.

Les exclusions qui reviennent, et ce qui se rachète

Aucune GAV ne couvre tout, et il est plus utile de connaître les trous que de collectionner les intitulés de garanties.

Les accidents de la circulation dans lesquels un tiers identifié est responsable relèvent de l'indemnisation par l'assureur de ce tiers. La GAV peut jouer en avance de trésorerie ou en complément, notamment face à un responsable insolvable ou lorsque le règlement traîne. Quand le responsable n'est ni identifié ni assuré, le recours principal est le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages, et non la GAV : celle-ci ne se superpose pas, elle comble.

Les maladies sont exclues par nature. La GAV couvre l'accident, événement soudain, extérieur et involontaire. Une pathologie qui s'installe, même invalidante, relève de la prévoyance. Certains contrats étendent toutefois leur champ à des événements limitativement énumérés, infections d'origine accidentelle, agressions, catastrophes naturelles ou technologiques. Cette extension a une vraie valeur et distingue les offres.

Les pratiques sportives font l'objet de listes d'exclusion : sports aériens, mécaniques, de combat, plongée, alpinisme, compétition en général. Service-public.fr cite d'ailleurs les sports dangereux parmi les exclusions possibles. Ces exclusions se rachètent en option sur une partie des contrats : demandez la liste précise et le tarif du rachat. Un pratiquant régulier a tout intérêt à traiter le sujet à la souscription.

Restent les exclusions classiques : faute intentionnelle, état alcoolique ou usage de stupéfiants, participation à une rixe, tentative de suicide dans certains contrats, conséquences d'un acte de guerre ou d'un risque nucléaire. Ces clauses sont générales et rarement discutables.

Un point sur lequel il faut être précis, parce qu'il touche des situations douloureuses : les affections psychiques consécutives à un accident. Le taux évalué à l'expertise porte sur l'intégrité physique et psychique, mais les contrats ne traitent pas tous ce volet de la même façon. Après une agression ou un accident traumatisant, cette différence devient centrale.

Vérifier ce que vous avez déjà avant de souscrire

Une partie du risque couvert par une GAV l'est déjà ailleurs, de façon partielle. L'inventaire prend une heure et évite de payer deux fois.

La garantie du conducteur du contrat auto couvre vos propres dommages corporels au volant, y compris sans tiers responsable. Elle a son propre seuil et son propre capital, souvent moins favorables qu'une bonne GAV, mais elle existe. La garantie individuelle accident parfois incluse dans un contrat habitation ou attachée à une carte bancaire joue sur des périmètres étroits, typiquement les accidents domestiques ou les voyages.

L'assurance scolaire couvre l'enfant sur le temps scolaire et périscolaire, avec une garantie individuelle accident qui indemnise ses propres blessures. Un contrat de prévoyance individuelle ou d'entreprise couvre l'invalidité, souvent sans distinguer accident et maladie, ce qui en fait un produit plus large et plus cher.

Le cas de la licence sportive demande une distinction que les brochures escamotent. La licence emporte une garantie de responsabilité civile, celle du club et du pratiquant. La garantie individuelle accident, elle, est proposée au licencié, qui reste libre de la refuser : elle n'est donc pas acquise du seul fait d'avoir une licence, et son montant se vérifie sur le bulletin d'adhésion.

L'exercice consiste à noter, pour chacune de ces couvertures, le périmètre, le seuil et le plafond. Le vrai trou apparaît alors : l'accident grave de la vie privée, hors circulation, hors travail, hors école, qui laisse des séquelles durables. C'est sur lui qu'il faut calibrer le contrat.

Conséquence pratique. Si votre prévoyance couvre déjà correctement l'invalidité, y compris accidentelle, avec des capitaux sérieux, la GAV perd une partie de son intérêt et garde surtout sa valeur sur les postes personnels et l'aide humaine. Si vous n'avez aucune prévoyance, elle en gagne beaucoup. Le bon produit dépend de ce qui l'entoure.

Les situations que ce contrat vise

On imagine l'accident de la vie courante comme une maladresse sans gravité. Les situations que le contrat vise sont d'une autre nature, et les décrire aide à juger une offre.

Les chutes d'abord, parce qu'elles concernent tous les âges : chute d'un escabeau pendant des travaux, glissade dans une salle de bains, chute d'un enfant d'une fenêtre ou d'un module de jeu, chute de plain-pied chez une personne âgée. Mécanismes banals, conséquences parfois définitives lorsqu'ils touchent la hanche, le rachis ou la tête.

Les accidents domestiques ensuite : brûlures liées à la cuisine ou à un barbecue, intoxications, coupures d'outils électroportatifs, écrasements lors de travaux. Le bricolage et le jardinage exposent particulièrement les mains, dont les séquelles fonctionnelles pèsent lourd pour qui travaille de ses mains.

Le sport de loisir fournit un autre ensemble : ski, vélo, sports collectifs, randonnée. Ces accidents surviennent souvent loin du domicile, ce qui rend la clause d'assistance et le rapatriement utiles au-delà de la seule indemnisation.

Deux catégories moins attendues méritent d'être citées, parce qu'elles ne relèvent d'aucune autre couverture : les agressions, lorsque l'auteur n'est ni identifié ni solvable, et les conséquences corporelles des catastrophes naturelles ou technologiques. Service-public.fr range les catastrophes et les attentats parmi les événements exceptionnels que le contrat peut couvrir. Toutes les GAV ne les incluent pas.

Ce panorama conduit à une conclusion nette. Le contrat n'est pas fait pour la blessure du quotidien, qui se règle avec la Sécurité sociale et la complémentaire santé. Il est fait pour les accidents qui changent une vie, et c'est sur ces cas-là qu'il faut le juger.

Quand la GAV n'est pas la bonne réponse

Il faut aussi savoir dire dans quels cas ce contrat n'est pas prioritaire, parce qu'un budget d'assurance n'est pas extensible.

Un travailleur indépendant sans prévoyance devrait traiter la prévoyance d'abord. Une GAV ne couvre que l'accident, jamais l'arrêt de travail pour maladie, et le manque à gagner d'un indépendant arrêté trois mois est immédiat. Commencer par le produit le plus étroit revient à se protéger d'une partie du problème.

Un salarié bien couvert par un régime de prévoyance d'entreprise généreux, avec des capitaux invalidité et décès sérieux, tire un bénéfice plus faible de la GAV. Il gagne sur les postes personnels et sur l'aide humaine, que la prévoyance ne traite pas. C'est réel, mais moins urgent que pour un foyer sans filet.

Une personne seule sans charge de famille et sans patrimoine à protéger a une exposition différente d'une famille avec enfants. Les conséquences financières se concentrent sur elle seule, ce qui déplace l'arbitrage vers les garanties d'aide humaine et d'aménagement du logement plutôt que vers les capitaux décès.

À l'inverse, deux profils tirent un bénéfice très net de ce contrat : les familles avec enfants, pour les raisons vues plus haut, et les personnes seules avançant en âge, pour qui une chute avec séquelles pose immédiatement la question de l'aide à domicile et de l'adaptation du logement.

Un dernier point, moins technique. Ce contrat traite de situations que personne n'a envie d'imaginer, et il se vend souvent en quelques minutes, sans lecture. Notre recommandation tient en une phrase : prenez une fois, à froid, le temps de lire le seuil, la liste des postes et la clause d'aggravation. Ces trois lignes valent mieux que la comparaison de dix tarifs.

Questions fréquentes

Que veut dire GAV ?
GAV est le sigle de garantie des accidents de la vie. Certains contrats s'appellent aussi garantie accidents de la vie ou assurance accidents de la vie : c'est le même produit, une assurance facultative de personnes qui indemnise les conséquences corporelles d'un accident de la vie privée.
Que couvre l'assurance GAV ?
Selon service-public.fr, elle couvre les accidents domestiques, les accidents de loisirs ou sportifs et certains événements exceptionnels, attentat, catastrophe ou accident médical, y compris lorsque personne n'est responsable. L'indemnisation dépend d'un taux d'atteinte à l'intégrité physique et psychique déterminé par une expertise médicale, et d'un seuil minimum prévu au contrat.
Faut-il prendre une assurance GAV ?
La réponse dépend de ce que vous avez déjà. Faites l'inventaire : garantie du conducteur du contrat auto, individuelle accident d'un contrat habitation ou d'une carte bancaire, assurance scolaire, prévoyance individuelle ou d'entreprise. Ce qui reste découvert, c'est l'accident grave de la vie privée, hors circulation, hors travail, hors école. C'est ce trou que la GAV est faite pour boucher, et c'est sur lui qu'il faut la calibrer.
La GAV fait-elle doublon avec la responsabilité civile ?
Non. La responsabilité civile indemnise les tiers que vous blessez ; la GAV vous indemnise vous, quand personne d'autre n'est responsable. Les deux garanties ne se recouvrent à aucun moment.
Que couvre-t-elle si un tiers est responsable ?
L'indemnisation revient alors à l'assureur du responsable. La GAV peut intervenir en avance de trésorerie ou en complément, notamment face à un responsable insolvable ou lorsque le règlement traîne. Quand le responsable n'est ni identifié ni assuré en circulation, le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages constitue le recours principal.
Les accidents de sport sont-ils couverts ?
Les sports de loisir le sont en principe. Service-public.fr rappelle que le contrat peut prévoir des exclusions, les sports dangereux en faisant partie. Sports aériens, mécaniques, de combat, plongée, alpinisme et compétition figurent souvent sur ces listes, et se rachètent généralement en option. Le sujet se traite à la souscription.
Un enfant est-il couvert à l'école ?
La responsabilité civile couvre les dommages que l'enfant cause à autrui, pas ses propres blessures. Vérifiez si votre GAV couvre le temps scolaire et périscolaire : certaines formules familiales le font. Sinon, c'est la garantie individuelle accident de l'assurance scolaire qui prend le relais sur ce temps-là.

Ce qu'il faut retenir

Reprenez vos conditions particulières et vérifiez un seul point avant tout le reste : le seuil d'atteinte permanente à l'intégrité physique et psychique, puis la liste des postes de préjudice indemnisés : ces deux clauses décident de ce que vous toucherez, bien avant le plafond affiché en couverture. Si ce point est réglé, le reste du contrat se compare vite.

Où vérifier par vous-même

Les textes applicables sont publics : le Code des assurances et les lois citées sont consultables sur Légifrance, les démarches sur service-public.fr. L'agrément d'un assureur se vérifie auprès de l'ACPR.