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Sinistre auto

Le constat amiable pèse plus lourd que la déclaration. Ce qui y est coché fixe votre part de responsabilité, donc votre bonus pour les années suivantes.

Ce qui compte comme sinistre en assurance auto

Tous ces cas ne figurent pas dans tous les contrats. La liste sert à vérifier ce que le vôtre prend en charge, ligne par ligne.

accident avec ou sans tiers identifié

vol du véhicule ou de ses accessoires

bris de glace et impact de pare-brise

incendie, vandalisme, catastrophe naturelle

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Le délai compte, mais il ne décide de rien

Déclarer hors délai n'entraîne pas de refus automatique : l'assureur doit invoquer une clause de déchéance prévue au contrat et démontrer que le retard lui a causé un préjudice. Ce qui décide du dossier, ce sont les pièces.

Le délai de déclaration court à partir du moment où vous avez connaissance du sinistre, pas du jour où vous décidez de vous en occuper. Deux repères suffisent à couvrir la quasi-totalité des situations :

  • 5 jours ouvrés dans le cas général.
  • 2 jours ouvrés en cas de vol.
  • 30 jours après la publication de l'arrêté au Journal officiel en catastrophe naturelle.

Les deux premiers sont des minimums que le contrat ne peut pas raccourcir (article L113-2, 4° du code des assurances) ; il peut en revanche les allonger, et les conditions générales font foi. Le délai court de la connaissance du sinistre, y compris pour un vol : le dépôt de plainte est réclamé par la plupart des contrats comme pièce du dossier, il ne fait pas partir le compte à rebours. Déclarer hors délai n'entraîne pas automatiquement un refus, mais l'assureur peut opposer une clause de déchéance s'il établit que le retard lui a causé un préjudice.

Le constat amiable, pas la déclaration

Ce qui est coché sur le constat pèse lourd dans la responsabilité retenue, laquelle est arrêtée par les assureurs selon les conventions qui règlent leurs rapports entre eux, et peut être contestée. De cette responsabilité découle ensuite le coefficient : majoration de 25 % pour un sinistre pleinement responsable, de 12,5 % en responsabilité partagée (annexe à l'article A121-1 du code des assurances, article 5). Une case signée par politesse au bord de la route se paie donc, mais pas indéfiniment : le même article efface la majoration après deux années consécutives sans sinistre, quel que soit le niveau atteint. En cas de désaccord, remplissez la rubrique observations et ne signez pas un croquis que vous contestez ; un constat rempli de votre côté seul vaut déclaration de votre part, et vos observations écrites sur place valent mieux qu'un récit reconstitué trois jours plus tard. Le constat électronique proposé par la profession remplit le même office que la version papier, avec l'avantage d'horodater et de géolocaliser la saisie.

Faites expertiser avant de faire réparer, chez le garagiste de votre choix

Le véhicule réparé ne peut plus être expertisé. L'assureur chiffre alors sur pièces, à partir de la facture et de ce que vous avez conservé comme traces, ce qui affaiblit nettement votre position. Attendez l'accord ou l'expertise, sauf immobilisation dangereuse ou mesure d'urgence. En revanche, personne ne peut vous dicter le garage : l'article L211-5-1 du code des assurances impose au contrat de mentionner la faculté de choisir le réparateur professionnel en cas de dommage garanti. Un assureur peut associer des avantages à son réseau agréé, franchise réduite ou véhicule de prêt, et ils se comparent ; il ne peut pas vous l'imposer. Réparer soi-même reste possible, mais l'indemnité se discute alors sur le rapport d'expertise et les justificatifs d'achat des pièces, et les interventions touchant à la sécurité engagent celui qui les réalise.

Accident non responsable : ce que votre assureur doit faire

Ne pas être responsable ne dispense de rien : vous déclarez à votre assureur, comme dans tous les cas. Ce qui change, c'est la suite.

Pour les dommages matériels, votre propre assureur règle en général le dossier, puis exerce son recours contre celui du responsable selon les conventions qui organisent leurs rapports. Vous n'avez pas à attendre l'issue de ce recours pour être indemnisé. Un point se vérifie au contrat, et il n'est pas légal mais contractuel : ce qu'il advient de votre franchise lorsque la responsabilité du tiers est entière.

Pour les dommages corporels, c'est l'assureur du responsable qui indemnise, et le code des assurances l'oblige à présenter une offre d'indemnité motivée dans les délais qu'il fixe, avec une sanction du retard (articles L211-9 et suivants). Deux réflexes s'imposent alors. Le premier : ne pas accepter d'offre avant la consolidation de votre état, c'est-à-dire avant que les séquelles soient stabilisées, parce que l'offre chiffre ce qui est connu à sa date. Le second : vous faire assister pour l'expertise médicale, comme vous le feriez pour l'expertise du véhicule.

Sur le contrat, enfin, un sinistre non responsable n'entraîne aucune majoration du coefficient. Il figure en revanche au relevé d'information, avec la responsabilité retenue : raison de plus pour la contester tout de suite si elle vous paraît fausse.

Blessé au volant : garantie du conducteur ou assureur du responsable

Voici l'asymétrie que la plupart des assurés découvrent au pire moment. La responsabilité civile obligatoire indemnise les victimes de l'accident, et le conducteur du véhicule n'en fait jamais partie au titre de son propre contrat. Elle ne verse rien pour vos blessures.

Ce qui ne veut pas dire qu'une seule voie existe. Dès qu'un tiers est impliqué, la loi n° 85-677 du 5 juillet 1985 ouvre au conducteur victime un droit à indemnisation par l'assureur du responsable ; sa propre faute peut réduire ou exclure cette indemnisation, mais le principe est là. Écrire que « seule la garantie du conducteur vous indemnise » est faux dans ce cas de figure.

La garantie du conducteur devient déterminante dans l'autre situation : quand vous êtes seul en cause, ou responsable. Trois paramètres décident alors de son utilité. Le plafond, montant maximal versé tous préjudices confondus. Le seuil de déclenchement, exprimé en taux d'atteinte permanente, en dessous duquel rien n'est dû même avec des séquelles réelles. Le mode d'évaluation enfin, forfaitaire selon un barème contractuel ou de droit commun, poste par poste.

Les passagers, eux, sont des tiers au sens de l'assurance, y compris les membres de votre famille : leur indemnisation relève de la responsabilité civile du véhicule et non de votre garantie du conducteur.

Véhicule économiquement irréparable : trente jours pour décider

L'expert compare le coût des réparations à la valeur du véhicule au jour du sinistre. Quand le premier dépasse la seconde, il classe le véhicule comme économiquement irréparable, et l'assureur formule une offre d'indemnisation assortie d'une proposition de rachat de l'épave. La procédure figure aux articles L327-1 et suivants du code de la route.

La mention ne signifie pas que la voiture est dangereuse ni qu'elle ne roulera plus. Elle traduit un calcul économique, rien d'autre. Une berline ancienne en bon état devient économiquement irréparable pour un choc qui resterait bénin sur un modèle récent.

Vous disposez de trente jours pour accepter ou refuser cette proposition, et ce courrier n'est donc pas une formalité administrative. En cas d'acceptation, le véhicule part à la destruction et vous percevez l'indemnité. En cas de refus, vous conservez le véhicule, l'indemnité est versée sous déduction de la valeur de l'épave, et l'administration est informée : le certificat d'immatriculation ne pourra plus être transféré tant qu'un rapport de contrôle n'aura pas attesté la remise en état.

Le refus a donc un sens quand vous comptez réparer vous-même ou faire réparer à moindre coût, en sachant que la remise en circulation aura un coût administratif propre. Il en a peu si vous espérez revendre en l'état.

La valeur retenue se discute

L'indemnité repose sur la valeur de remplacement à dire d'expert : ce que coûterait un véhicule équivalent sur le marché de l'occasion, au jour du sinistre, dans votre région.

Ce n'est ni la cote brute d'un magazine, ni le prix que vous l'avez payé. L'expert ajuste selon le kilométrage, l'état, l'entretien et les options.

D'où l'intérêt de constituer un dossier de comparaison plutôt que d'appeler pour se plaindre : annonces de véhicules équivalents relevées à la même période et capturées avec leur date, factures d'entretien, historique de révisions, pneus et distribution récents. Un argument chiffré se discute, une impression ne se discute pas.

Si le désaccord persiste, une contre-expertise est possible ; ses frais restent à votre charge, sauf si votre contrat comporte une garantie honoraires d'expert, dont vous vérifierez la limite. Une tierce expertise peut suivre, selon les modalités et la répartition des frais prévues aux conditions générales.

Un calendrier encadre tout cela. Les actions dérivant d'un contrat d'assurance se prescrivent par deux ans à compter de l'événement qui leur donne naissance (article L114-1 du code des assurances), et l'article L114-2 prévoit des causes d'interruption propres à l'assurance, dont la désignation d'un expert à la suite d'un sinistre et l'envoi par l'assuré d'une lettre recommandée avec accusé de réception concernant le règlement de l'indemnité.

Le véhicule gravement endommagé suit une autre procédure

Quand l'expert estime que la sécurité est en cause, il déclenche une procédure distincte, prévue par le même titre du code de la route et indépendante du coût des réparations. Le véhicule est immobilisé immédiatement et le certificat d'immatriculation retiré.

La remise en circulation suppose alors une réparation par un professionnel, puis un second passage de l'expert qui atteste que les points de sécurité sont conformes.

Ces deux procédures se confondent souvent dans l'esprit des assurés, alors qu'elles ne posent pas la même question. L'une demande si la réparation vaut économiquement la peine, et vous laissez le choix. L'autre demande si le véhicule peut circuler sans danger, et ce choix ne vous appartient pas.

Tiers non identifié ou non assuré : le fonds de garantie

Un délit de fuite, un conducteur sans assurance, un accrochage sur un parking dont l'auteur est parti : dans ces situations, aucun assureur adverse ne répond en face.

Le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages, institué par l'article L421-1 du code des assurances, intervient alors. Sa mission première porte sur les dommages corporels des victimes d'accidents de la circulation lorsque le responsable est inconnu, non assuré ou insolvable. Les dommages matériels peuvent également être pris en charge, mais dans des conditions plus restrictives définies par la partie réglementaire du code : vérifiez-les avant de compter dessus.

Le fonds réclame des pièces établissant les circonstances de l'accident, et le dépôt de plainte en fait partie en pratique, en particulier en cas de délit de fuite. Rassemblez aussi les témoignages, les photos horodatées et le procès-verbal des forces de l'ordre s'il y en a un.

Il existe une alternative plus rapide quand vous en disposez : mobiliser vos propres garanties dommages. L'indemnisation intervient alors selon votre contrat, franchise déduite, et votre assureur exercera ensuite son recours. Un détail à connaître pour le coefficient : un stationnement heurté par un tiers non identifié n'entraîne ni majoration ni perte de réduction (article 7 de l'annexe à l'article A121-1).

Après le sinistre : relevé d'information, coefficient, résiliation

Chaque sinistre déclaré figure sur le relevé d'information que votre assureur édite, avec sa nature et la responsabilité retenue. Le document est remis au nouvel assureur en cas de changement, et il retrace les sinistres des dernières périodes annuelles du contrat. Demandez-le après la clôture du dossier et vérifiez la responsabilité inscrite : une erreur se corrige plus facilement à ce moment-là qu'au moment de changer de contrat.

Sur le coefficient, le barème est écrit et il est plus clément qu'on ne le dit. Un sinistre pleinement responsable majore de 25 %, une responsabilité partagée de 12,5 %, et le plafond est fixé à 3,50. Surtout, après deux années consécutives sans sinistre, le coefficient ne peut plus dépasser 1 : la majoration s'efface, elle ne s'installe pas. Un sinistre non responsable, un vol, un incendie, un bris de glace ou un stationnement heurté par un tiers non identifié n'y touchent pas du tout (articles 5 et 7 de l'annexe à l'article A121-1). Pour les usages « tournées » et « tous déplacements », les taux sont différents : 7 % de réduction annuelle et 20 % de majoration par sinistre responsable.

Sur la résiliation, une idée fausse circule largement. L'assureur automobile ne peut résilier le contrat après un sinistre, avant son échéance, que dans trois cas : sinistre causé par un conducteur en état d'imprégnation alcoolique, sous l'emprise de stupéfiants, ou par une infraction au code de la route entraînant une suspension du permis d'au moins un mois ou son annulation (article A211-1-2 du code des assurances). Un accrochage responsable ordinaire n'ouvre pas cette faculté en cours d'année. Quand elle s'applique, l'assuré peut résilier ses autres contrats chez le même assureur dans le mois qui suit la notification.

Dans l'autre sens, votre liberté est large. Après la première année de contrat, vous résiliez à tout moment, sans frais ni motif (article L113-15-2, champ précisé par l'article R113-11), et la résiliation prend effet un mois après réception de la notification par l'assureur. Pour la responsabilité civile automobile, le nouvel assureur effectue les formalités pour votre compte et les deux organismes veillent à l'absence d'interruption de couverture. Attendez toutefois le règlement complet du sinistre avant de partir.

Questions fréquentes sur les sinistres en assurance auto

Un bris de glace fait-il monter le malus ?

Non. L'article 7 de l'annexe à l'article A121-1 du code des assurances écarte toute majoration et toute perte de réduction pour un bris de glace, un vol, un incendie, ainsi que pour un véhicule en stationnement heurté par un tiers non identifié. La décision de déclarer un petit sinistre de ce type se joue donc sur la franchise, jamais sur le coefficient.

Que faire si le tiers refuse de remplir un constat ?

Relevez la plaque, le modèle et si possible l'identité et l'assureur, prenez des photos horodatées de la scène et de la position des véhicules, recueillez les coordonnées d'un témoin, puis déclarez de votre côté en mentionnant le refus. Un dépôt de plainte est utile en cas de délit de fuite, et il est réclamé si le dossier passe par le fonds de garantie.

Puis-je refuser le rachat de mon véhicule classé économiquement irréparable ?

Oui, en répondant dans le délai de trente jours prévu par la procédure des articles L327-1 et suivants du code de la route. Vous conservez alors le véhicule, l'indemnité est réduite de la valeur de l'épave, et une opposition au transfert du certificat d'immatriculation est posée jusqu'à la production d'un rapport attestant la réparation.

L'indemnité peut-elle être inférieure à ce que j'ai payé le véhicule ?

Oui, et c'est le cas dès que le véhicule a perdu de la valeur depuis l'achat. L'indemnisation porte sur la valeur du véhicule au jour du sinistre, établie à dire d'expert, et non sur son prix d'achat. Une garantie valeur à neuf ou valeur d'achat modifie ce calcul, pendant la durée qu'elle prévoit : vérifiez si votre contrat en comporte une, incluse ou en option, et jusqu'à quelle date elle joue.

Combien de temps un sinistre reste-t-il sur mon dossier ?

Deux réponses, souvent confondues. Le sinistre reste inscrit au relevé d'information remis au prochain assureur, avec sa nature et la responsabilité retenue, pendant les dernières périodes annuelles du contrat. La majoration du coefficient, elle, disparaît plus vite : après deux années consécutives sans sinistre, le coefficient ne peut plus dépasser 1 (annexe à l'article A121-1, article 5), quel que soit le malus atteint.

Les pièces qui font la différence

Un dossier complet du premier coup évite l'aller-retour qui repousse l'indemnisation de plusieurs semaines.

  • le constat amiable rempli et signé sur place
  • des photos des dégâts et de la position des véhicules
  • le récépissé de plainte en cas de vol ou de vandalisme

Après le sinistre

Lexique assurance auto Questions fréquentes Tous les sinistres

Mieux couvert, mieux indemnisé

La qualité d'une indemnisation se décide à la souscription, pas le jour du sinistre.

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