Comment cet annuaire est construit
Huit marques sont documentées à ce jour, présentées par ordre alphabétique. Cet ordre n'est pas un classement : il n'existe aucune moyenne de prime publiée par constructeur en France, donc aucun rang défendable.
Ce que vous ne trouverez pas ici, c'est un prix par marque. France Assureurs publie une moyenne de marché, pas une moyenne par blason : en 2025, la prime moyenne d'un véhicule de 1re catégorie en mono contrat s'établissait à 511 € hors taxes, en hausse de 6,5 %, sur un parc assuré de 46,0 millions de véhicules (France Assureurs, « Le marché de l'assurance automobile des particuliers en 2025 »). Ce montant est hors taxes : la taxe sur les conventions d'assurance s'ajoute à ce que vous payez.
Chaque fiche marque renvoie aux modèles que nous documentons. Nous préférons le dire : la fiche ne remplace pas un devis, elle prépare les questions à poser.
Le classement que les assureurs utilisent réellement
Le marché français s'appuie sur les référentiels techniques de SRA, l'association professionnelle « Sécurité et réparation automobiles », qui produit pour les assureurs des études et des statistiques véhicule par véhicule : coût des pièces, coût des réparations, données de collision. Chaque version d'un modèle y est identifiée par un groupe et une classe, établis sur ces relevés et non sur le prestige du constructeur.
Ce classement est établi par version, jamais par gamme. La même carrosserie avec deux motorisations différentes n'occupe pas la même case, et une finition mieux équipée change le groupe. C'est la raison pour laquelle une estimation obtenue sans le code d'identification exact du véhicule reste approximative : le code figure sur le certificat d'immatriculation, et c'est lui que l'assureur interroge.
Une nuance d'interprétation, que nous assumons comme telle : ce classement ne prétend pas mesurer la qualité d'un véhicule. Il mesure ce qu'il coûte à remettre en état. Deux objectifs différents, deux résultats qui n'ont aucune raison de coïncider.
Fiabilité et sinistralité ne décrivent pas le même phénomène
Les palmarès de constructeurs circulent chaque année sous trois formes : le volume de ventes, la rentabilité du groupe, la fiabilité perçue des modèles. Aucune de ces trois grilles n'est la donnée de tarification d'un contrat d'assurance.
Un classement de fiabilité mesure la fréquence des pannes et des immobilisations, c'est-à-dire ce qui relève de la garantie constructeur ou d'un contrat de panne mécanique. L'assurance de dommages ne couvre pas ces événements.
L'assureur observe autre chose : combien de sinistres surviennent pour cent véhicules d'une version donnée, ce que coûte en moyenne leur remise en état, à quelle vitesse cette version se répare. D'où le point qui surprend le plus de lecteurs : un véhicule très fiable mécaniquement peut se révéler coûteux à assurer. Parce que ses pare-chocs intègrent des capteurs, parce que certaines pièces se commandent hors de France, ou parce que sa cote soutenue rend le vol plus intéressant.
Ce que la marque dit encore
Elle donne une indication grossière du positionnement, donc de la valeur à assurer et du coût moyen des interventions. Elle renseigne aussi sur la densité du réseau après-vente, qui pèse sur la rapidité d'une prise en charge.
Elle sert enfin de porte d'entrée à la navigation, et c'est son usage légitime ici. Vous connaissez la marque avant de connaître le groupe de tarification de votre version. Elle vous conduit au modèle, et c'est le modèle qui rend une estimation utile.
Le cas des véhicules électriques
La batterie représente une part importante de la valeur du véhicule. Deux points méritent une vérification explicite au contrat : son traitement en cas de sinistre, notamment lorsqu'elle est louée plutôt qu'achetée, et la prise en charge du câble de recharge, qui n'est pas systématiquement assimilé à un accessoire couvert.
Le mode de détention change tout. Une batterie achetée suit le sort du véhicule. Quand elle est louée, elle relève d'un contrat conclu avec le constructeur ou l'organisme qui la loue, et l'assureur du véhicule n'en est pas nécessairement le payeur. Posez la question en ces termes, pas en demandant si « la batterie est couverte ».
L'assistance mérite la même attention. Une panne d'énergie sur un véhicule électrique n'est pas traitée comme une panne de carburant par tous les contrats, et le remorquage vers une borne compatible peut faire l'objet d'une clause particulière. La fiche Tesla de l'annuaire détaille ce point.
Ce qu'un modèle rare change dans la vie du contrat
La diffusion d'un modèle agit sur deux postes que le tarif ne montre pas.
Le délai d'immobilisation d'abord. Une pièce disponible dans un réseau dense se remplace en quelques jours. Commandée en petite série, la même pièce immobilise le véhicule plusieurs semaines. La durée du véhicule de remplacement prévue au contrat devient alors le paramètre déterminant, et elle se lit aux conditions particulières, pas sur la plaquette.
En assurance automobile, l'article L211-5-1 du code des assurances impose au contrat de mentionner votre faculté de choisir le réparateur. Cette faculté existe en auto et n'a pas d'équivalent en habitation. Quand le modèle est rare, cette faculté vaut d'être connue : elle vous laisse arbitrer entre l'atelier agréé le plus proche et le spécialiste qui dispose des pièces.
La valeur de remplacement ensuite. Sur un modèle peu diffusé, l'expert dispose de moins de références de marché pour établir la cote au jour du sinistre. Conserver les factures d'entretien, les photographies et des annonces comparables donne de la matière à la discussion. Cette matière manque précisément là où elle serait la plus utile.
Changer de modèle : ce qui suit le conducteur, ce qui suit la voiture
Le coefficient de réduction-majoration appartient au conducteur, pas à la carrosserie. L'article 10 de l'annexe à l'article A121-1 du code des assurances prévoit que le coefficient acquis est automatiquement transféré en cas de remplacement du véhicule ou d'acquisition d'un véhicule supplémentaire, sous la seule réserve que les conducteurs habituels demeurent les mêmes. Changer de voiture ne fait donc pas repartir de 1,00.
Ce qui change, c'est la prime de référence à laquelle ce coefficient s'applique. Elle dépend de la nouvelle version : groupe, classe, valeur, énergie. Un bonus intact appliqué à une prime de référence plus élevée donne une cotisation plus élevée, et c'est là que beaucoup d'automobilistes se croient pénalisés par leur historique.
Côté véhicule vendu, l'assurance est suspendue le lendemain de l'aliénation à zéro heure, et le contrat est résilié de plein droit à l'expiration d'un délai de six mois si vous n'avez pas résilié entre-temps (article L121-11). Six mois de cotisations peuvent donc courir sur une voiture que vous n'avez plus.
Utiliser cet annuaire sans se tromper
- Partez de la marque, descendez au modèle, puis relevez la version exacte sur votre certificat d'immatriculation. C'est le seul niveau où l'estimation devient comparable.
- Comparez à garanties identiques : même formule, mêmes franchises, même plafond de garantie du conducteur.
- Interrogez les mêmes données chez chacun des acteurs suivis sur ce produit. Notre sélection sur l'auto : MAAF, MACIF, MAIF, AXA, Groupama, GMF, Matmut, Direct Assurance, L'olivier Assurance.
- Vérifiez la méthode d'indemnisation du véhicule : valeur de remplacement à dire d'expert, ou clause de valeur à neuf limitée dans le temps.
- Contrôlez la couverture des équipements et accessoires posés après l'achat, et leur plafond.
- Sur un bris de glace, assurez-vous que le recalibrage des capteurs solidaires du pare-brise figure bien sur le devis. Bonne nouvelle au passage : le bris de glace n'entraîne ni majoration ni perte de réduction du coefficient, pas plus que le vol, l'incendie ou le stationnement heurté par un tiers non identifié (article 7 de l'annexe à A121-1).