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Ce que ce questionnaire mesure

Le questionnaire porte d'abord sur le niveau de perte d'autonomie qui déclenchera la rente, avant l'âge ou le budget. Il demande qui est assuré, son autonomie actuelle et une éventuelle évaluation GIR, puis le type de couverture, rente, capital ou les deux, la situation couverte, dépendance totale ou aussi partielle, et le budget mensuel. La réponse la plus lourde de conséquences n'est pas le montant : c'est la définition de la dépendance retenue par le contrat.

À avoir sous la main

La réponse qui engage le plus

La définition de la dépendance qui déclenche le versement. Elle compte davantage que le montant de la rente : un contrat généreux qui ne joue qu'en dépendance totale peut ne rien verser dans les situations les plus fréquentes à domicile. L'étape 1 montre pourquoi.

Étape 1. Regarder les chiffres publics de la perte d'autonomie

À domicile, la perte d'autonomie sévère est minoritaire parmi les personnes aidées. Selon la DREES, parmi les bénéficiaires de l'allocation personnalisée d'autonomie vivant à domicile fin 2023, 20 % relevaient des groupes GIR 1 ou 2, contre 57 % parmi ceux vivant en établissement.

Les volumes situent l'enjeu. En décembre 2023, environ 1,4 million de personnes percevaient l'APA, un nombre en hausse de 2,1 % en un an ; 549 000 d'entre elles, soit 40 %, vivaient en établissement, les 60 % restants à domicile. Plus d'un tiers des personnes de 85 ans ou plus en bénéficiaient, et la dépense des départements atteignait 7,1 milliards d'euros en 2023 (DREES, « L'aide sociale aux personnes âgées ou handicapées », édition 2025).

La lecture pour votre devis est directe. La majorité des bénéficiaires vivant à domicile relèvent des groupes 3 et 4. Un contrat qui ne couvre que les GIR 1 et 2 ne jouera pas dans ces situations.

Étape 2. Choisir la définition : dépendance totale ou partielle, et quelle grille

Les contrats évaluent la dépendance selon deux méthodes, parfois combinées. La première compte les actes de la vie quotidienne qu'on ne peut plus accomplir seul : se laver, s'habiller, se déplacer, s'alimenter, aller aux toilettes. Le contrat fixe combien d'actes ouvrent droit à la prestation, et à quel niveau. La seconde reprend la grille nationale utilisée pour l'APA, dite AGGIR, qui classe les situations en six groupes, du GIR 1, le plus dépendant, au GIR 6, autonome.

La frontière entre dépendance totale et dépendance partielle décide de l'utilité du contrat. Une couverture limitée à la dépendance totale ne verse rien dans les situations intermédiaires, là où les premiers frais apparaissent : aide à domicile, portage de repas, adaptation du logement. À l'inverse, une couverture de la dépendance partielle verse une fraction de la rente dès ce stade.

Deux vérifications précèdent tout chiffrage. La définition exacte, mot pour mot, dans les conditions générales, avec la correspondance écrite entre chaque niveau du contrat et les groupes GIR ou le nombre d'actes. Et l'identité de celui qui apprécie l'état : le médecin conseil de l'assureur, sur pièces ou après examen, avec une procédure de recours en cas de désaccord.

Comment la rente dépendance est versée

Étape 3. Remplir le questionnaire de santé et repérer les trois délais

Le questionnaire médical conditionne l'acceptation. Selon l'âge et les antécédents, un examen complémentaire peut être demandé, et certaines pathologies entraînent une exclusion ou une surprime.

Répondez-y avec exactitude, parce que la vérification a lieu des années plus tard, au moment de la demande de prestation. Une fausse déclaration intentionnelle qui change l'objet du risque ou en diminue l'opinion pour l'assureur entraîne la nullité du contrat (code des assurances, article L113-8). De bonne foi, l'inexactitude découverte après le sinistre réduit la prestation en proportion des primes payées par rapport à celles qui auraient été dues (article L113-9).

Trois délais se lisent ensuite, et ils s'additionnent. Le délai de carence, pendant lequel la garantie ne joue pas : demandez sa durée pour la maladie et pour l'accident, souvent distinctes. Le délai de franchise, entre la reconnaissance de la dépendance et le premier versement. Et, dans certains contrats, un délai de stabilisation pendant lequel l'assureur vérifie que l'état est durable.

Délai de carence

Étape 4. Dimensionner la rente par différence

Le questionnaire demande un budget, pas une rente. Le montant à assurer se calcule autrement : coût mensuel de la solution envisagée, maintien à domicile avec aide ou établissement, moins vos revenus disponibles à ce moment, moins les aides publiques. Le reste à charge obtenu est la rente utile. Pas plus.

Parmi ces aides figure l'APA, versée par le département aux personnes de 60 ans ou plus classées en GIR 1 à 4. Pour situer un ordre de grandeur, la DREES indique une dépense mensuelle moyenne de 431 € par bénéficiaire en 2023, 439 € à domicile et 409 € en établissement. Il s'agit d'une moyenne de dépense publique, pas du montant qu'une personne donnée percevra : le vôtre dépendra de votre GIR, de vos ressources et du plan d'aide.

La prestation prend en général la forme d'une rente mensuelle viagère, parfois complétée d'un capital versé à la reconnaissance de la dépendance pour les aménagements immédiats du logement.

Vérifiez enfin la revalorisation, qui obéit à deux clauses distinctes : pendant la période de cotisation, et pendant le service de la rente. Une rente fixée en 2026 et versée dans vingt-cinq ans aura perdu une part de son pouvoir d'achat si rien ne la fait évoluer.

Étape 5. Lire la clause de révision des cotisations

Le problème d'abord. Ces contrats couvrent un risque dont le coût s'étale sur des décennies et dépend de facteurs que personne ne maîtrise à la souscription : durée de vie, coût de l'accompagnement, comportement d'une génération d'assurés. La cotisation affichée au devis peut donc ne pas être celle que vous paierez dans quinze ans.

La solution tient à la rédaction du contrat. Vérifiez s'il prévoit une clause de révision, et comment elle s'applique : de façon collective, à une catégorie d'assurés, et non selon votre état de santé. Posez ensuite trois questions par écrit. Selon quelle procédure et quel indice la cotisation évolue-t-elle ? Que se passe-t-il si vous refusez une hausse : une réduction de la rente à cotisation constante est-elle prévue, ou le refus vaut-il résiliation ? Comment les cotisations de ce contrat ont-elles évolué sur les dix dernières années ?

Le résultat : vous comparez des contrats sur leur trajectoire de coût, pas sur leur première échéance. Un assureur qui documente sa pratique passée vous donne un élément plus solide qu'une projection.

Étape 6. Comprendre ce qui fait varier le tarif d'entrée

L'âge de souscription agit mécaniquement : chaque année d'attente augmente le tarif d'entrée. Le niveau de dépendance couvert vient ensuite, et c'est le levier le plus souvent mal réglé : un contrat limité à la dépendance totale coûte moins cher qu'un contrat couvrant aussi la dépendance partielle, mais l'économie porte précisément sur les situations où les frais commencent.

L'état de santé déclaré peut entraîner une surprime ou une exclusion. Les options enfin, capital d'aménagement, assistance, aide aux aidants, se paient et ne servent pas toutes : choisissez-les en fonction de la solution que vous envisagez.

Étape 7. Arbitrer l'âge, et prévoir la sortie

Souscrire tôt fait payer moins chaque mois, mais plus longtemps, sur un contrat sans valeur de rachat, pour un risque qui se réalisera peut-être dans quarante ans, peut-être jamais. À l'inverse, attendre expose à une sélection médicale plus stricte et à l'âge limite d'adhésion fixé par chaque assureur. Faites donc deux calculs : le coût cumulé des cotisations jusqu'à un âge de référence pour chaque hypothèse, puis la probabilité d'être encore assurable, compte tenu de vos antécédents, au moment où vous envisagez de signer.

Une autre voie existe : constituer une épargne dédiée, disponible et transmissible. À notre avis, elle protège moins bien contre une dépendance longue et coûteuse, le scénario que l'assurance couvre le mieux, mais elle ne disparaît pas si rien n'arrive. Le choix dépend de votre patrimoine et de votre horizon.

Reste la sortie, qu'il faut connaître avant d'entrer. Un contrat dépendance ne figure pas dans la liste des contrats résiliables à tout moment après un an (code des assurances, article R113-11). Il se résilie à l'échéance annuelle, avec le préavis prévu au contrat, que la loi plafonne à deux mois, le délai courant à partir de la date du cachet de la poste ou de la date d'expédition (article L113-12). Et il est le plus souvent à fonds perdus. Concrètement, l'arrêt des cotisations fait perdre les droits, parfois avec un maintien de garantie réduit sous conditions d'ancienneté. Faites écrire cette clause avant de signer.

Dernier point, qui ne relève d'aucun article : la rente servira à financer une organisation que les proches porteront souvent. Parlez-en avec eux avant de choisir la définition et le montant.

Résilier un contrat dépendance · Garanties de prévoyance · Constituer une épargne dédiée

Gratuit et sans engagement, concrètement

Demander un devis ne crée aucune obligation de souscrire, et vous pouvez abandonner le questionnaire à tout moment. Vos réponses servent à établir les propositions qui vous sont faites ; la page sur la confidentialité décrit l'usage qui en est fait.

Une erreur de bonne foi corrigée avant la souscription se règle par un recalcul de cotisation. Découverte après un sinistre, elle peut réduire l'indemnité à proportion de l'écart de prime.

Un devis ne vous engage pas, et il n'engage pas davantage l'assureur : selon le code des assurances, la proposition d'assurance n'engage ni l'assuré ni l'assureur, et seule la police ou la note de couverture constate leur engagement réciproque (article L112-2). Faites préciser par écrit la date d'effet et, si l'assureur en indique une, la période pendant laquelle il maintient le tarif proposé.

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